Les cloches de Notre-Dame au coeur d'une lutte juridique pour les sauver de la destruction.

© LP/Delphine Goldsztejn
© LP/Delphine Goldsztejn

Aprés deux siécles de bons et loyaux services les quatre cloches de Notre-Dame de Paris,aujourd'hui remplacées, étaient promises à la destruction. Une institution religieuse du Pas-de-calais se bat pour éviter leur destruction.

Par F.A avec AFP

En Février dernier, les quatre cloches de la tour Nord de Notre-Dame de Paris avaient été déposées en vue d'être remplacées par huit autres. Mises en services en 1856, usées prématurément par un bronze de  mauvaises qualité, leur sonorité disharmonieuse ne donnaient plus satisfaction. Et pour tout dire de l'avis de certains elles sonnaient même faux, et ne méritaient pas même une reconversion en objet d'exposition.
Triste fin pour Angélique-Françoise, Antoinette-Charlotte, Hyacinthe-Jeanne et Denise-David, le nom de baptême de ces cloches pesant entre 767 kilos et 1,91 tonne.
Et c'est en Normandie qu'elles sont actuellement entreposées chez un fondeur chargées de les remplacer.

L'affaire aurait pu en rester la sans l'intervention d'une institution religieuse du Pas-de-Calais. Jeudi, le père Alain Hocquemiller s'est rendu en compagnie d'un huissier dans la fonderie normande où sont conservées ces cloches pour les mettre sous protection de la justice, confirmant une information du quotidien Le Figaro.
"J'ai consulté un avocat qui m'a dit que c'était de la destruction gratuite du patrimoine religieux français, ce qui est réprimé par la loi", a rapporté le prieur
de la communauté de Riaumont, qui a créé l'Association de sauvegarde du patrimoine religieux et liturgique, au nom de laquelle il a intenté l'action en justice.
Selon Mgr Patrick Jacquin, recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, "il n'y a pas de conflit" autour de ces cloches qui appartiennent à l'Etat.  "Le domaine privé de l'Etat a stocké ces cloches à Villedieu-les-Poêles (Manche) chez le fondeur qui nous fait les neuf nouvelles cloches de Notre-Dame. L'Etat pour l'instant n'a pas du tout l'intention de détruire ces cloches", a indiqué le recteur.
"Donc elles ne seront données à personnes, elles ne seront détruites en rien, et elles ne seront jamais vendues", a-t-il souligné.

En avril, l'Observatoire du patrimoine religieux avait entamé des démarches auprès de la direction régionale des affaires culturelles (Drac), et en juillet, les Monuments historiques s'étaient proposés de mener à bien une procédure de déclassement, car les cloches appartiennent à l'Etat, a expliqué le père Hocquemiller. La communauté de Riaumont, en pleine construction d'un chantier-école et d'une église, devait alors récupérer les cloches pour un euro symbolique, selon lui. Mais en octobre, "un coup de téléphone des Monuments historiques à l'Observatoire du patrimoine religieux dit qu'à la demande expresse de l'archevêché de Paris, ils ne sont plus en mesure de nous attribuer ces cloches qui sont destinées à être détruites", a indiqué le prieur.
De sources concordantes, quelques 40 associations ou personnes se sont montrées intéressées pour récupérer les cloches, en France comme à l'étranger.

En attendant que le sort de Angélique-Françoise, Antoinette-Charlotte, Hyacinthe-Jeanne et Denise-David soit décidé, c'est le samedi 2 février 2013 que les nouvelles cloches seront dévoilées au public afin d'être bénites. Et  elles sonneront pour la première fois le 23 mars 2013 pour la sollenité des rameaux.

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