Verdict pour le meurtre d'Adrien Debray à Sannois : de 12 à 18 ans de réclusion criminelle pour les cinq accusés

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Écrit par Audrey Natalizi avec AFP

Le jeune homme avait été tué en janvier 2010 de plusieurs coups de sabre dans un garage de Sannois (Val-d'OIse) lors d'une rixe entre deux bandes rivales. Cinq jeunes de Sannois comparaissaient depuis une semaine devant la Cour d'Assises à Pontoise.

La cour d'assises du Val-d'Oise a condamné lundi soir à des peines de 12 à 18 ans de réclusion criminelle cinq hommes jugés pour avoir lynché à mort un jeune homme, Adrien Debray, lors d'une rixe entre bandes rivales à Sannois (Val-d'Oise) en janvier 2010.

Des peines de 18 ans de réclusion ont été prononcées contre deux jeunes de 21 et 23 ans, considérés comme les auteurs des coups de sabre et de couteau à l'origine du décès de la victime. Deux autres accusés ont écopé de peines de 12 ans de prison, le cinquième ayant été condamné à 16 ans de réclusion.

Des peines supérieures aux réquisitions

Ces peines sont pour certaines supérieures aux réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé dix ans de réclusion pour deux des accusés, et des peines de 15, 18 et 20 ans pour les trois autres.

"C'est une personne au sol, assommée, qui a reçu les coups par arme blanche", a expliqué aux assises de Pontoise dans son réquisitoire l'avocat général, Emmanuel Gérard, dénonçant "l'acharnement" des accusés. Il avait notamment réclamé 18 et 20 ans contre les deux auteurs présumés des coups de couteau et de sabre à l'origine du décès, âgés de 22 et 23 ans, déjà condamnés à plusieurs reprises pour des faits de vol et violences.
Dix et quinze ans de réclusion ont été demandés pour leurs trois co-accusés, soupçonnés d'avoir pris part au lynchage de la victime.
"L'intention meurtrière" était "évidente", au regard des "armes utilisées" et des parties du corps de la victime "visées", a jugé Me Hugues Wedrychowski, avocat des parties civiles. "Chacun sait exactement ce qu'il a fait", a-t-il ajouté, pointant les "mensonges" des accusés.

La petite amie de la victime, Chloé Bourgade, a confié son désarroi à notre équipe avant le verdict :

Des témoignages contradictoires tout au long du procès

Qui avait en sa possession des armes blanches ? Qui a donné les coups mortels ? Confrontée depuis le début du procès au mutisme ou aux imprécisions des témoins comme des accusés, la cour est longuement revenue sur les circonstances de la rixe, en entendant ses principaux protagonistes. Ami de la victime et partie civile dans le procès, Ousman Minteh, qui avait organisé l'expédition au cours de laquelle Adrien Debray a trouvé la mort, a assuré que cinq personnes avaient pris part à la rixe, précisant avoir reconnu trois des cinq accusés. "Il y avait deux sabres et un couteau", a-t-il ajouté, avant d'en identifier les propriétaires.

Des déclarations remises en cause par les avocats des accusés, qui ont souligné les "déclarations à géométrie variable" du jeune homme. "Pour dire : c'était un tel, c'était un tel, il faut être sûr", a dénoncé Me Frédéric Zajac. "Vous avez menti depuis le début (...) Le meilleur service que vous pouvez rendre à la victime, c'est la vérité, et pas la vengeance", a ajouté Me Frédéric Samama. 

Tué à coups de sabre

Le 13 janvier 2010, c'est une véritable expédition punitive qui s'est organisée. Une affaire de bandes rivales entre des jeunes de Fosses et d'autres de Sannois. Adrien Debray agé de 18 ans, était venu ce jour-là prêter main forte à un ami dans cette affaire. Un groupe de neuf personnes avait alors été constitué, qui s'était retrouvé nez à nez avec une autre bande, armée de couteaux. Les amis d'Adrien Debray avaient pris la fuite. Mais le jeune homme, handicapé par une broche et qui ne pouvait pas courir, s'était réfugié dans un garage situé à proximité, où il avait été violemment passé à tabac, frappé à plusieurs reprises avec un sabre.