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Trois questions sur la candidature NKM à Paris

Dimanche 27 janvier, Nathalie Kosciusko-Morizet sera l'invitée du 12/13 dimanche sur France 3. Elle sera interrogée sur ses intentions pour la mairie de Paris. Sa candidature est à l'état de réflexion. Voilà les trois questions que se pose NKM. 
© Philippe Desmaze (AFP)
Nathalie Kosciusko-Morizet piaffe d'impatience de se déclarer candidate à la mairie de Paris pour l'UMP. Mais elle doit attendre la décision de François Fillon, puisqu'elle ne souhaite pas se présenter contre lui dans le cas d'éventuelles primaires. 

Cette aventure serait néanmoins un risque important pour son avenir politique. Elle doit donc bien réfléchir avant de prendre sa décision et peser tous les paramètres.

1) Est-elle VRAIMENT soutenue par toute l'UMP Paris ?

Officiellement, la perspective de la venue de NKM est assez largement bien accueillie. "NKM, ça fait bouger les choses, c'est nouveau, c'est intéressant", juge un élu UMP de la capitale. 
"Elle de droite, mais pas trop et elle a profil qui peut plaire aux arrondissements de gauche", explique Bernard Debré.
L'UMP Paris aurait donc  trouvé son attrape-bobo, sa personnalité qui sans déplaire à ses électeurs habituels pourrait mordre sur l'autre rive. La condition nécessaire pour reconquérir Paris.

Pour l'instant, seul le sondage du JDD de la semaine dernière validerait la justesse de cette analyse. Et encore, si Nathalie Kosciuscko-Morizet fait jeu égal avec d'autres leaders de droite, elle resterait nettement battue par la candidate socialiste Anne Hidalgo. Mais comme le résume une élu parisienne, "on ne va pas se plaindre, on a un chapeau avec plein de noms dedans".

Mais qu'en est-il exactement quand on plonge la main dans le chapeau ? NKM semble avoir le soutien des fillonnistes qui perdent espoir et patience. "Je préférerais que Fillon soit candidat, mais s' il n'y va pas NKM ça serait bien", témoigne une partisane du député de Paris. 

Attention alors de ne pas être atteinte du syndrome Martine Aubry. Apparaître comme une candidate de remplacement ce que ne veut pas être NKM, qui doit néanmoins ménager les susceptibilités de chacun tout en se plaçant au-dessus des vieilles querelles parisiennes. 

Elle doit donc avoir des soutiens chez les copéistes. Or, ça se complique un peu. Les élus parisiens favorable au maire de Meaux semblent  eux atteints du syndrome Nimby. "NKM, une très bonne idée mais pas dans mon arrondissement", pour résumer l'avis de plusieurs d'entre eux.  

"Ce serait une parachutée, ce sera plus délicat à gérer face à Hidalgo", estime une élue de l'est parisien. "Elle a envie de faire un tour de piste. Mais en aura t-elle toujours envie si les sondages indiquent une défaite prévisible ?", conclut un responsable parisien.

2) Peut-elle quitter Longjumeau ?

Venir à Paris est donc un risque car l'élection sera très difficile pour la droite, même en cas de vague bleue, à cause de la nature du scrutin qui a l'arrondissement comme base.

Mais, de risque, il en est déjà question dès sa candidature à la candidature. En effet normalement, des primaires ouvertes à la population doivent départager les protagonistes UMP. Il y a donc une incertitude. "Si Nathalie vient, ce sera une autre campagne pour moi, mais il y aura une campagne", explique Pierre-Yves Bournazel, deuxième candidat UMP déclaré avec Rachida Dati

"Si elle est là, je mettrai en avant le combat contre Delanoë et Hidalgo. Si elle ne vient pas, je jouerai la carte du renouvellement", poursuit le jeune élu du XVIII ème.

Un tour de piste à Paris équivaut à une sortie de piste dans l'Essonne. En se présentant à la primaire parisienne, NKM brûlerait déjà tous ses vaisseaux à Longjumeau, sa terre électorale. En 2008, elle n'avait remporté la mairie qu'avec 39 voix d'avance et le combat des législatives au mois de juin fut difficile. Un retour dans la ville des 2be3 après une escapade parisienne serait fortement impossible. Mais cela pourrait aussi l'inciter à aller voir ailleurs. Longjumeau est tout sauf une circonscription aisée garantissant une élection à vie.

NKM doit donc trouver un point de chute à Paris pour les législatives de 2017. Or, les circonscriptions favorables à la droite sont rares et déjà occupées. A quatre ans du scrutin, les assurances qu'elle pourrait obtenir restent aléatoires. "On pourra toujours la faire élire sur le contingent des listes proportionnelles. C'est un figure nationale. Cela aurait un sens", explique un responsable parisien de l'UMP. Cette solution ne cadre pas avec l'image de battante que souhaite incarner NKM et en politique, il est toujours mieux d'avoir un ancrage local fort.

3) Paris est-elle compatible avec une ambition présidentielle ?

Cette semaine, Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté ses voeux à la presse. A cette occasion, elle a évoqué ses souhaits pour les règles d'organisation au sein de l'UMP. Elle désire que le futur président du parti soit un arbitre et qu'à ce titre, il ne puisse participer aux primaires pour désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2017.

2017 reste l'objectif prioritaire de NKM. Cela passe-t-il par une candidature à la présidence de l'UMP ? La campagne se chevaucherait alors avec celle des municipales à Paris. Il serait difficile de mener les deux campagnes de front, l'une très locale et l'autre dans la France entière. Ce serait un casse-tête d'agenda et cela entraînerait une confusion dans les messages.

En proposant de "neutraliser " l'élection à la présidence de l'UMP, NKM tente de déminer son agenda.

Encore une fois, la défaite de la droite est le scénario le plus prévisible à Paris. NKM peut-elle se lancer dans la course présidentielle après un échec électoral ?

Une défaite à Paris ne serait pas rédhibitoire à condition de savoir bien vendre l'âpreté du combat et de réaliser un score honorable. En tout cas mieux que le score de 42% de Françoise de Panafieu en 2008. Et puis Paris lui donnera une visibilité auprès de l'opinion et un crédit de guerrière auprès des militants.

Ce sera donc affaire de communication et de mots employés.









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