Véronique Dubarry sur les salles de shoot : "Le travail de pédagogie auprès des riverains n'a pas été fait"

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Écrit par Propos recueillis par Daïc Audouit
Une salle de consommation de drogue à Genève
Une salle de consommation de drogue à Genève

Véronique Dubarrry, élue EELV du X ème arrondissement est une des ferventes partisanes de l'installation d'une salle de consommation à moindre risque à Paris. Elle nous explique pourquoi et comment il faut vaincre les préventions des riverains.

 Veronique Dubarry est une élue Europe Ecologie du X ème arrondissement. Adjointe à la mairie de Paris chargée du handicap, elle fut l'une des premières à réclamer la création d'une salle de consommation à moindre risque ou salle de shoot dans la capitale. Pour France 3 Ile de France, elle réagit sur la polémique que crée cette perspective.

Comment accueillez-vous la décision du premier ministre de valider le voeu du conseil de Paris pour la création d'une salle de consommation à moindre risque dans la capitale ?

Veronique Dubarry : "Cela fait près de dix ans que je me bats pour cela, je ne peux qu'être favorable à cette annonce, pour que ce dispositif soit enfin mis en place dans une commune. Je ne vais pas vous dire qu'il n'y a pas de risque de nuisances pour les riverains, comme pour tout bâtiment public. Au départ aussi à Genève ou Bilbao (villes où existent des salles de shoot ndlr), il y a eu des moments difficiles. Mais, on a changé les horaires d'ouverture. On s'est adapté. Le bilan sur plusieurs années est positif. Cela fonctionne."

Comprenez-vous l'inquiétude éventuelle de riverains ?

Véronique Dubarry
:"Les riverains poussent des cris d'orfraie à juste titre, si on ne fait pas le travail d'explication. Là, ce n'est pas le cas. On apprend dans la presse qu'il y aura une salle de consommation dans le X ème arrondissement. Je suis furieuse car pour que cela marche, il faut préparer les esprits au plus près du terrain. Il faut faire oeuvre de pédagogie. C'est la leçon de nos voyages d'études à l'étranger. Elle n'a pas été retenue.
C'est un entresoi qui est malvenu sur ce type de sujets. Il ne faut pas donner l'impression que l'on cache des choses. Si vous prenez le temps de l'explication auprès des riverains, il y aura toujours une mobilisation contre le projet mais elle est plus facile à contrer".

Installer une seule salle à Paris, même expérimentale, est ce que cela est suffisant par rapport aux besoins ?

Véronique Dubarry: "Avec un bassin de population comme celui de la région parisienne, c'est extrêmement risqué de n'avoir qu'une seule salle. Il en faudrait 3 ou 4. Le risque de point de fixation dans la rue devant la salle va être relevé par les opposants au projet. Bien sûr, il s'agit d'une expérimentation, mais si on veut qu'une innovation marche, il faut mettre tous les outils de son côté sinon cela veut dire qu'on a pas vraiment envie que cela fonctionne. Il y a un risque de se planter. Après dix ans de combat, ce serait dommage d'avoir un enterrement de première catégorie".

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