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Petite histoire des primaires UMP en Ile de France à l'usage de Jean-François Copé

La primaire UMP pour désigner son candidat à la mairie de Paris n'est pas la première organisée en Ile de France. En 2006 et 2009, il y eut également des scrutins auprès des militants UMP. Retour sur ces élections internes qui furent aussi mouvementées

Par Daic Audouit

L'histoire de la primaire UMP pour Paris 2014 n'est pas encore terminée. Mais déjà, elle constitue un grand cru millésimé polémiques et cafouillages. 

"A l'UMP, nous apprenons la démocratie, c'est assez nouveau", déclare Jean-François Copé, ce midi. Juste, dans la mesure où toute vie est un apprentissage. Pas tout à fait exact, puisque deux scrutins type primaire fermée aux seuls militants ont déjà eu lieu en Ile-de-France. Pour les municipales de 2008 à Paris et pour les régionales de 2010. Et à chaque fois, il y eut quelques soubresauts. Retour en arrière.

2006: Panafieu et compagnie

2006: campagne pour la primaire qui désignera le candidat UMP pour la mairie de Paris en 2008. Face à face, Françoise de Panafieu, Claude Goasguen , Jean Tibéri et Pierre Lellouche. Un scrutin ouvert aux seuls militants UMP avec un vote physique dans des bureaux. 

Comme aujourd'hui NKM, Françoise de Panafieu est alors la favorite. "Ce n'est pas un concours de beauté", juge Claude Goasguen, à propos des réunions- débats qui sont organisées. Dans mes souvenirs, il y en a eu 3. La première fut un joyeux chahut, chaque camp soutenant bruyamment son champion. A la seconde, les militants furent priés de laisser à l'entrée tout signe distinctif (tee-shirt, casquettes etc, etc) de leur appartenance. Nicolas Sarkozy fut l'invité de la dernière, et les candidats avaient l'air d'étudiants passant un grand oral.

70% des militants  se déplacèrent. Françoise de Panafieu arriva en tête du premier tour avec plus de 40%. Goasguen avait un peu plus de 20 et Lellouche autour de 18%. Le soir-même devant les journalistes, Lellouche maugrée et assure qu'on lui a volé sa deuxième place. Mais il n'ira pas plus loin dans la contestation.

Il se rallie à Françoise de Panafieu, et dès le mardi matin, Claude Goasguen se retire. La maire du XVII ème reste seule candidate au second tour et sera donc élue. Le processus est un peu avorté. 

On ne peut pas vraiment dire que cette primaire lui donna une dynamique. Elle était organisée deux ans avant les élections municipales pour laisser passer la présidentielle de 2007. Et pendant la campagne, elle ne fut pas soutenue. Chaque baron, sachant qu'elle allait perdre se contentait d'assurer sa campagne dans son arrondissement. Claude Goasguen et Pierre Lellouche réglèrent leurs comptes. Goasguen soutenant le dissident Lebel dans le 8 ème contre la liste de Lellouche officiellement investie par l'UMP.

Pour résumer en termes de dynamique comme de rassemblement, cette primaire ne fut pas un succès. 

2009: le duel Karoutchi/Pecresse

Qui sera le candidat de l'UMP aux élections régionales en Ile-de-France ? Là aussi on décide d'organiser une primaire ouverte aux seuls militants UMP de la région. Mais ce sera un vote électronique sur une semaine. 

En 2004, Karoutchi avait déjà vu Copé passer devant lui. Cinq ans plus tard, c'est Valérie Pécresse qu'on lui met dans les pattes. Renouvellement, féminité, notoriété et tutti quanti. 

Huit réunions débats sont prévues en Ile de France. Une par département. En fait, seule la Seine Saint Denis aura le privilège de recevoir les deux candidats pour une confrontation directe. Là encore, le débat se déroule dans un joyeux chahut. Mais en Seine-Saint-Denis, nous sommes en terre karoutchiste. La claque lui est favorable.  Valérie Pécresse est sifflée lors de l'une de ses interventions. Rien de bien méchant, mais c'est suffisant pour inquiéter Xavier Bertrand, alors patron de l'UMP qui décide d'annuler les 7 autres meetings prévus. D'autant plus que Valérie Pécresse est en proie à la grève des universités contre sa loi sur l'autonomie. Il ne s'agit pas de l'affaiblir et de donner une mauvaise image de l'UMP.

Les militants devront se contenter d'un débat télévisé sur France 3 Ile de France.

Valérie Pécresse remporte largement l'élection. Le résultat est proclamé rue de la Boétie par Nathalie Kosciusko-Morizet alors secrétaire générale adjointe du parti. Roger Karoutchi est absent. Il se terre dans on ministère et refuse de prendre tous les coups de fils se contentant de celui qu'il reçoit sur la tête. C'est une immense déception. Il est persuadé qu'on lui a volé sa victoire s'étonnant d'un afflux massif de votants le dernier week-end. 

Il n'accepte de prendre Nicolas Sarkozy au téléphone que le lendemain matin. Le président de la République réussit à le convaincre de laisser tomber d'éventuelles poursuites. L'après-midi même, il embrasse Valérie Pécresse sur le perron de la région Ile-de-France devant les journalistes.

Là encore, Valérie Pécresse n'a bénéficié d'aucune dynamique à l'issue de cette primaire si on en croit son score final. Pendant la campagne, ses équipes ont soigneusement mis à l'écart Roger Karoutchi qui ne se privait pas d'exprimer son scepticisme sur le mode "moi j'aurais fait une meilleure campagne".

Aujourd'hui, la rivalité existe toujours entre les deux élus qui pourraient se retrouver une nouvelle fois face à face pour l'investiture UMP aux élections régionales en Ile-de-France. 

Voilà un peu d'histoire immédiate à méditer pour Jean-François Copé. Mais surtout pour les quatre candidats à la primaire UMP pour Paris, 24 heures avant la proclamation des résultats du premier tour.






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