Cet article date de plus de 7 ans

France-Angleterre : Fickou, ça change tout

Cinq points à rattraper, trois minutes encore à jouer et puis... En concluant entre les poteaux l'essai de la victoire face à l'Angleterre, le jeune Gaël Fickou a offert au XV de France un dénouement étourdissant pour son premier match du Tournoi.
© LIONEL BONAVENTURE / AFP
Avant ce retournement de situation, les Français semblaient condamnés à la pire frustration, d'autant plus cruelle qu'elle devenait routinière. En tête 16 à 3 après 22 minutes de jeu seulement, les hommes de Pascal Papé avaient vu leur avantage fondre et les Anglais prendre solidement la main à une demi-heure de la fin: 16-18, 16-21, 19-24...

Sur la ligne de touche, à l'échauffement, voyant les minutes s'égrener, Fickou pense même qu'il ne rentrera pas pour honorer une quatrième sélection. A la 75e minute, l'entraîneur Yannick Bru lui fait signe, l'encourage.

"J'étais super motivé, souligne l'espoir de 19 ans. On sentait qu'on pouvait revenir, mais on se dit +c'est tellement loin et eux ne vont rien lâcher"
Aux abois, les Français relancent de leurs 22 et percent une première fois sur l'aile par Yannick Nyanga.
Après plusieurs séquences, Wesley Fofana est plaqué à 45 mètres de l'en-but anglais, au centre du terrain, mais parvient à transmettre au sol.
Brice Dulin, en position d'ouvreur, adresse alors une passe parfaite qui lance Dimitri Szarzewski plein fer.
"On part de loin, toute l'équipe était très fatiguée, se souvient Fickou. On se donnait à 100%. Et l'occasion se profile..."
"C'est l'instinct, ajoute-t-il. On dit que quand une bête est blessée elle est deux fois plus forte et c'est ce qui nous est arrivés."
Szarzewski s'engouffre alors dans la brèche et fixe parfaitement le centre anglais Luther Burrell pour servir Fickou qui a encore Maxime Médard en soutien, sur l'extérieur.
"Dimitri joue super bien le coup, remarque le jeune Toulousain. Je n'avais plus qu'une décision à prendre et, du regard, je sens que le défenseur (Alex Goode) glisse sur Maxime. Je vois un espace se libérer vers l'intérieur et j'y vais."
Synonyme d'espoir
Une feinte de passe, le voilà donc dans l'en-but anglais. "J'allais plonger et puis je me suis dit qu'il fallait faire l'effort pour aller jusqu'aux poteaux", sourit le centre. Car sa réalisation permet alors au XV de France d'égaliser, avant la transformation réussie de Maxime Machenaud.
"Il y a une énorme émotion, le stade qui part en folie, c'est un moment que je n'oublierait jamais", décrit encore Fickou.
"Ce dernier essai, ce n'était pas l'essai de bout du monde mais il est synonyme d'espoir pour cette jeune équipe qui n'a rien lâché", se félicite de son côté le manager Philippe Saint-André. Vraiment pas mécontent de son coaching payant.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
rugby sport tournoi des six nations