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Fermeture définitive des librairies Chapitre

Les Librairies Chapitre baisseront définitivement le rideau ce lundi soir. Le tribunal de commerce examine une dernière vague d'offres de reprise mais cela ne suffira pas à sauver tous les employés de 31 boutiques encore à céder.
Photo prise le 19 mars 2001 au Salon du livre à Paris, du stand de la librairie sur internet Chapitre.com.
Photo prise le 19 mars 2001 au Salon du livre à Paris, du stand de la librairie sur internet Chapitre.com. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
Le président du réseau des librairies, Michel Rességuier qui employait initialement quelque 1.200 salariés, compte sur cette audience pour « sauver encore plus d’emplois que les 450 déjà sauvegardés ». Dans un contexte difficile pour le marché du livre et le secteur de la distribution de biens culturels en général, les librairies Chapitre (groupe Actissia), qui comptaient au départ 57 établissements répartis dans tout l'Hexagone, cumulaient les pertes depuis 2009. Le réseau a été placé en liquidation judiciaire le 2 décembre et autorisé à poursuivre l'activité jusqu'à ce lundi.

Deux vagues de cession ont depuis été organisées et 26 librairies ont pu trouver acquéreur et quitter le réseau. L'éditeur Albin Michel et le groupe Madrigall (Gallimard) ont repris plusieurs boutiques, une bonne partie ayant aussi été sauvées par leurs
actuels directeurs.

L’avenir des librairies entre les mains du juge

"Dans l'ensemble, les projets de cette troisième vague ont été validés par les élus du personnel, mais de toute façon à la fin, c'est le juge qui décidera", a déclaré Fabrice Eyraud (CFDT). D'après le syndicaliste, au final, ce sont "près de 450 salariés qui vont rester sur le carreau".
Parmi la centaine de salariés qui travaillent au siège, les reclassements seront "très minoritaires", reconnaît M. Rességuier. A ces salariés, s'ajouteront ceux des magasins pour lesquels il n'y a pas de repreneur (une vingtaine de boutiques employant chacune environ 18 personnes, soit quelque 350 salariés).
Pour ceux-là, un plan social sera mis en place mais faute de trésorerie, ces salariés ne pourront bénéficier d'indemnités supra-légales, un point sur lequel le président du réseau assure avoir "joué cartes sur table" dès le mois de mai, lorsqu'il a pris ses fonctions pour "essayer de trouver une solution" dans "une situation qui paraissait extrêmement compromise".

Pour la direction, les librairies Chapitre s’en sortent bien

Si la dizaine d'offres est bien validée ce lundi, M. Rességuier, estime que les librairies Chapitre "ne s'en seront pas mal tiré". "Evidemment, ça laisse toujours trop de salariés qui perdent leur emploi", mais "on aura quand même réussi à sauver plus de la moitié des magasins, plus de la moitié des emplois", a-t-il déclaré. "Pour être tout à fait franc, je n'étais pas sûr d'y arriver il y a six mois". Au moment du dépôt de bilan du réseau, la direction avait mis en avant "la fragilité de la situation économique (des pertes entre 15 et 20 millions d'euros depuis sa constitution en 2009), qui conjuguée aux problèmes d'approvisionnement de livres avaient "précipité la cessation de paiement du réseau".
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