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La RATP confrontée aux pannes de ses escalators

© Joël Saget/AFP Photos
© Joël Saget/AFP Photos

La RATP va devoir changer une trentaine d'escaliers mécaniques installés en 2007 qui auraient dû fonctionner pendant quarante ans, mais ne cessent de tomber en panne à cause d'une conception inadaptée.

Par Christian Meyze

C'est notre confrère "Le Figaro" qui rapporte l'information. Une information confirmée, mardi 15 juillet, par la direction de la RATP. 

La RATP doit prochainement remplacer une trentaine d'escaliers mécaniques du métro parisien installés en 2006-2007. Le remplacement de ces escalators, installés sur les lignes 6, 13 et 14 du métro, est prévu d'ici à 2015 et devrait coûter six millions d'euros.

Au départ ces escalators, notamment installés dans l'immense station "Olympiades", sur la ligne 14, dans le 13ème arondissement, devaient permettre de remonter plus de personnes en même temps. Pour cette raison, ils sont plus larges de dix centimètres que les modèles classiques. « Les marches de ces modèles font un mètre de large au lieu de 0,90 mètre. Ce qui devait nous permettre d'augmenter les débits d'utilisateurs », explique David Courteille, responsable de l'électromécanique à la RATP.

Mais ce gain de dix cm s'est révélé inadapté à l'espace prévu pour accueillir les escalators, ce qui a entraîné de plus en plus d'incidents de fonctionnement et des surcoûts de maintenance estimés à plusieurs milliers d'euros par an et par escalier. D'où la décision de remplacer les escaliers concernés. Or le prix d'un escalator neuf est compris entre 200 et 500 000 euros.

>> Voir le reportage de Frédérique Hovasse et Bertrand Lambert
ESCALATORS RATP TROP LARGES


Au delà de ce "raté" à six millions d'euros, fâcheux mais qui ne déstabilisera tout de même pas les comptes de la RATP, on peut néanmoins se demander pourquoi la régie des transports a fait appel, pour ces escaliers, à un constructeur qui lui a déja posé des problèmes et avec lequel elle était, à l'époque, en contentieux.
Car cette affaire d'innovation technique sur des escalators en rappelle une autre dans la mémoire des parisiens : celle du tapis roulant à haute vitesse du tunnel de la gare Montparnasse. En 2002, la RATP avait expérimenté un tapis roulant ultra-rapide, présenté à l'époque comme "le plus rapide du monde", dont la vitesse était de 3 mètres par seconde c'est à dire plus de deux fois supérieure à celle des tapis classiques. Le problème, c'est que de nombreux voyageurs étaient déséquilibrés par cette grande vitesse. Et les chutes furent nombreuses. Les pannes du tapis aussi, qui fut maintes fois arrêté pour maintenance. Après une longue interruption de deux ans, la RATP avait fait une nouvelle tentative de mise en service du tapis, avec des précautions, des avertissements assez drôles, avant de renoncer définitivement quelques mois plus tard. Et de porter l'affaire devant le tribunal en 2009. 

Or c'est le même constructeur, le groupe CNIM (Constructions Nouvelles Industrielles de la Méditerranée), qui a fabriqué les escalators en cause aujourd'hui. Il n'existe sans doute pas énormément de constructeurs pour ce genre de matériels en France. Mais fallait-il faire confiance, pour une innovation, à une entreprise qui venait de se tromper aussi lourdement sur une autre ?



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