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L'incroyable “raté” des policiers français qui n'ont finalement pas interpellé les 3 jihadistes présumés de retour de Syrie

Le ministère de l'Intérieur a reconnu dans un communiqué avoir manqué à leur retour de Syrie, via la Turquie, trois présumés jihadistes français parce qu'il n'avait pas été informé à temps d'un changement de destination de leur vol, les trois hommes étant arrivés à Marseille et non Orly.

Par Christian Meyze et AFP

Le ministère de l'Intérieur avait indiqué, mardi 23 septembre, en début d'après-midi, que les trois hommes, interpellés fin août en Turquie et soupçonnés d'appartenir à une filière de recrutement jihadiste, avaient été interpellés à leur arrivée à l'aéroport d'Orly et placés en garde à vue.

Mais une source policière assurait ensuite qu'ils n'étaient pas arrivés comme prévu sur le sol français. On expliquait alors que l'avion dans lequel ils étaient censés se trouver avait été "intercepté sur le tarmac" à son arrivée à Orly mais qu'ils n'étaient pas à bord, le commandant ayant refusé de les embarquer en raison de l'absence des documents administratifs turcs nécessaires.

Peu après, deuxième coup de théâtre: deux des avocats toulousains des présumés jihadistes assuraient qu'ils étaient bien arrivés en France, après avoir pris un autre avion. Selon leurs dires, eux-mêmes ont été surpris de ne pas avoir été interpellés à leur arrivée, dans un aéroport de province non précisé par les avocats.

"Le ministère de l'Intérieur a, à mon avis, dégainé un peu trop vite (...). Ils n'ont pas du tout été arrêtés. Ils sont dans la nature, prêts à s'expliquer, à être interrogés", a déclaré l'un des avocats, Me Apollinaire Legros-Gimbert.
Son confrère, Me Pierre Dunac a confirmé cette version: "Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est la réalité". "Ils ont voyagé avec leur passeport. Ils n'ont pas été inquiétés à leur arrivée". "Leur position aujourd'hui, c'est de dire: on n'est pas en fuite", selon leurs défenseurs.

Parmi les trois hommes se trouve le mari de Souad Merah, la soeur de Mohamed Merah, un homme de 29 ans connu des services de renseignement pour avoir gravité dans la mouvance salafiste.
Un autre, âgé de 27 ans, avait déjà été arrêté en 2007 puis condamné l'année suivante dans une affaire à caractère terroriste pour avoir appartenu à une filière jihadiste en Irak, dite filière d'Artigat, du nom d'un village d'Ariège supposé être la base de repli de l'équipe, selon les services de renseignement.  
Le troisième était domicilié à Albi où une autre filière jihadiste, dans laquelle gravitaient également d'anciens proches du tueur de Toulouse, a été démantelée cet été.
Le suspect de 27 ans était "très lié" avec Mohamed Merah et a grandi dans le même quartier que lui à Toulouse, celui dit des Izards. Les trois jihadistes présumés étaient partis en Syrie début 2014.

Ce matin, mercredi 24 septembre, sur France Info, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian évoque un "cafouillage", un "couac", une "mauvaise articulation", M. Le Drian a assuré qu'une "solution sera vite trouvée", mais il a jugé que "l'initiative des autorités turques de changer d'avion a été malencontreuse".

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