Au “musée des martyrs”, terroristes islamistes, Socrate ou Martin Luther-King, même combat

© AFP PHOTO / HO / AL-HAYAT MEDIA CENTRE
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"Les artistes ont cherché a élargir le concept du martyr" explique l'association qui organise l 'exposition intitulée le "musée des martyrs" à Berlin. Un "l'élargissement" qui ressemble surtout à un fourre-tout idéologique choquant et a déclenché une polémique

Par Christian Meyze

La question est épineuse et pourrait faire l'objet d'un sujet à l'épreuve de philo au bac "Peut-on et doit-on tout accepter de l'artiste, au nom de la nécessaire liberté de l'art ?".

A Berlin, depuis quelques jours, une exposition pose le problème grandeur-nature et dans la vraie vie. L'installation artistique, baptisée "le musée des martyrs", tient en une série de photographies, des portraits, tous accompagnés accompagnés d'un texte biographique. L'exposition est l'oeuvre de deux artistes danois.


Une définition du martyr assez surprenante


Les personnages portraiturés sont tous présentés comme des "martyrs", "des personnes mortes pour leurs convictions". Et c'est bien là que le problème se pose, dans cette notion de martyr mort pour ses convictions. Car l'exposition présente à la fois le visage du philosophe grec Socrate, (mort à Athènes en 399 avant Jésus-Christ, après un lourd procès où on lui reproche ses idées et sa façon de les argumenter), une martyre chrétienne d'Egypte, Appoline d'Alexandrie, brûlée vive en 249 pour ses convictions religieuses, et Ismaël Omar Mostefaï, l'un des assassins terroristes du Bataclan, à Paris le 13 novembre 2015, ou encore Mohammed Atta, le chef terroriste du commando qui a écrasé ses avions sur les "Twin Towers" à New-York, le 11 septembre 2001.

L'exposition a immédiatement provoqué la polémique et pour beaucoup, l'indignation. A Berlin, l'ambassade de France est "consternée" et rappelle son attachement à la liberté de création artistique mais dénonce la confusion entretenue entre martyre et terrorisme.
En France, nicolas Dupont-Aignan, le leader de Debout La France a vivement réagi

Comme Eric Ciotti, député LR 

Quand aux victimes des attentats du 13 novembre, l'association Life for Paris se dit révulsée et considère qu'il s'agit d'une provocation haineuse à visée médiatique.

Une polémique en tout cas qui pourra, cette année, servir de base à tout professeur d'histoire ou de philosophie pour expliquer que " tout n'est pas égal, que tout ne se vaut pas" et provoquer un débat sur ce qu'est un amalgame idéologique.

 

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