Des villes franciliennes prêtes à accueillir des réfugiés Afghans

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Magny-les Hameaux, Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines ou Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. Des maires de communes franciliennes appellent à se mobiliser pour accueillir des réfugiés afghans. La présidente de la région, Valérie Pécresse s'est dite opposée à un "accueil inconditionnel".

"L’humain avant tout. S’il y a danger de mort vis-à-vis de populations, où qu’elles soient et quelles qu’elles soient, on se doit de les accueillir et de les protéger."

Dès la chute de Kaboul en Afghanistan le 15 août, le maire socialiste de Magny-les-Hameaux dans les Yvelines, Bertrand Houillon monte au créneau. Sur les réseaux sociaux, il en appelle à la solidarité de ses administrés et interpelle l'Etat.

"Après la prise de Kaboul, j’ai transmis un courrier au préfet signalant que nous nous mettions à disposition pour aider autant que possible. Magny-les Hameaux, c’est une petite commune de 9500 habitants, on n’a pas forcément de gros centres d’hébergement, par contre, nous avons un fort réseau de solidarité et d’associations", explique aujourd'hui le maire socialiste. 

Dans cette petite commune des Yvelines, pas de centres d’hébergements mais des associations actives et des familles prêtent à ouvrir leurs portes. En 2015 la ville avait accueilli des familles syriennes via le réseau Welcome du Secours Catholique. Pour le maire, "historiquement la France était à la tête de valeurs humanistes et d’accueil, elle doit revenir aujourd’hui à la tête de ces valeurs."

A quelques kilomètres de Magny-les-Hameaux, c'est une ville beaucoup plus cossue, Saint-Germain-en-Laye. Le maire, Arnaud Péricard (SE) s’est aussi exprimé sur les réseaux sociaux suite à un tweet d'Emmanuel Macron le 16 août dernier.

"Les risques pour les Afghans qui ont aidé les régimes occidentaux sont forts. Ils sont directement menacés de mort. Je pense que l’on aurait tous un peu de sang sur nos consciences, si jamais il y avait des exactions commises contre ceux qui ont aidé les forces françaises", témoigne-t-il. 

Pour celles et ceux qui ont œuvré pour les forces françaises en Afghanistan, nous avons une responsabilité en matière d’accueil.

Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye

"Il y a une dimension historique qui renvoie à des événements malheureux avec des populations qui ont aidé nos forces armées et qui ont pu avoir le sentiment d’avoir été abandonnées par notre pays. Je trouve que nous pouvons réparer partiellement cette injustice. Pour celles et ceux qui ont œuvré pour les forces françaises en Afghanistan, nous avons une responsabilité en matière d’accueil".

Des foyers prêts à accueillir

Il rappelle que Saint-Germain-en-Laye a deux foyers d’accueil et qu’ils peuvent être mobilisés rapidement. "On ne peut pas évidemment accueillir tout le monde, mais nous avons une tradition de solidarité. Saint-Germain-en-Laye est une ville riche, aisée, bourgeoise, nous pouvons accueillir dans les limites qui sont les nôtres", poursuit-il.

De l’autre côté de l’échiquier politique et de la région, Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne entend bien se mobiliser. "La Ville de Fontenay-sous-Bois, fidèle à ses valeurs de solidarité, se tient disponible pour accueillir les Afghans et Afghanes qui cherchent refuge en France et qui arriveront sur notre sol", peut-on lire dans un communiqué de la mairie.

Pour le maire Front de Gauche, Jean-Philippe Gautrais, le gouvernement "doit assumer ses responsabilités pour rapatrier et accueillir dignement les réfugiés afghans. D’autant plus que la France et les pays occidentaux ont joué un rôle en en intervenant en Afghanistan", assure-t-il.

C’est la tradition et la responsabilité de la France d’accueillir, de mettre à l’abri.

Jean-Philippe Gautrais, maire de Fontenay-sous-Bois

Et de poursuivre : "C’est la tradition et la responsabilité de la France d’accueillir, de mettre à l’abri", rappelant que la France, sixième puissance mondiale, a les moyens financiers d'accueillir des réfugiés si elle en la volonté.

"A Fontenay, on a des services publics, de santé, des écoles. On les mettra à la disposition des réfugiés", assure-t-il. En 2015, les citoyens et le tissu associatif de Fontenay ont aidé et hébergé des réfugiés irakiens ou syriens.

"Pas d'accueil inconditionnel"

Au micro de RTL ce matin, Valérie Pécresse, la présidente de région tout en se disant "très attachée au droit d'asile" a affirmé "qu'il ne peut pas y avoir d'accueil inconditionnel de tous les Afghans en France, c'est absolument impossible. La France ne pourrait pas le supporter", privilégiant "l'accueil des personnes déplacées sur zone". "

Depuis 2018, l’Afghanistan est le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France. L’Ofpra, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides a accordé le statut de réfugié à 7 494 demandeurs sur 10 364 demandes en 2020.