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Je ne veux pas être paysan

© ©KuBweb.media
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Je ne veux pas être paysan, lundi 25 février après le Soir 3 sur France 3 Paris Ile-de-France

Par Magalie Cheveraux

Fils de paysan breton, Tangui Le Cras était prédestiné à devenir, comme son père, paysan.

Son film interroge sur son rapport avec l'histoire familiale et sur son choix, différent.

Tangui, à 17 ans, une fois le bac agricole en poche, décide de changer de voie, de ne pas reprendre l'affaire familiale :
"je ne veux pas être paysan, je ne veux pas de leur vie, de leur problème d'argent, de mises aux normes, de leurs difficultés de couple, parce que la ferme est un ogre".

Il devient régisseur et travaille dans le milieu de la musique en Bretagne. Il semble alors, avoir tout rejeté du métier de son père. 

Comme une reconquête amoureuse
Il y a cinq ans, il est chez ses parents, il s'apprête à rentrer chez lui, quand il voit son père traverser la cour de la ferme, à Glomel (22). "Il avait du mal à marcher, il s'aidait d'une canne". Tangui prend la route et pleure. Son père n'avait que 53 ans. Et c'est à partir de l'image de ce père traversant la cour avec difficulté et lenteur, qu'il a voulu raconter. Son film est comme "une reconquête amoureuse", "la reconquête d'un milieu, d'un métier et d'une relation filiale".

Pendant le tournage, commencé en 2013, il a donc réveillé les souvenirs sans faire dans l'idéalisme, ni dans le misérabilisme. Il a voulu parler à hauteur d'homme, pas comme un journaliste de manière distanciée, ni comme quelqu'un qui revit son histoire, comme une madeleine de Proust. 
"Je trouvais que c'était intéressant que ce soit un "fils de" qui en parle". 

Quand on parle du milieu agricole, on parle du paysan qui se suicide ou de celui de Trémargat, moi j'avais envie de parler des autres, c'est-à-dire de 95% des paysans 

Tangui Le Cras s'est rendu compte grâce au film que la vie de son père était un choix d'amour pour son métier et non un choix subi. 

Pendant le tournage, ses parents ont dû lâcher prise, sans savoir où leur fils allait.
"Ils m'ont fait confiance, ils ont compris que c'était important pour moi".
Et après un premier visionnage, ils ont aimé le travail de leur fils, ils l'ont trouvé juste. Reste qu'ils ont du mal à comprendre, comment leur histoire allait intéresser d'autres personnes. 
 
À 4 ans, Tangui Le Cras l'annonçait fièrement : "Quand je serai grand, je serai moissonneuse-batteuse !" / © T. Le Cras
À 4 ans, Tangui Le Cras l'annonçait fièrement : "Quand je serai grand, je serai moissonneuse-batteuse !" / © T. Le Cras


00h30 La rivière

« La rivière » est un film qui se veut foncièrement positif et optimiste afin de sensibiliser par l’émerveillement : à l’image, sera présenté ce qu’il y a de plus beau et de plus spectaculaire qu’un tel milieu vivant puisse nous offrir. En fait, il s’agit de dessiner la rivière idyllique tel que le personnage du film la rêve.

Lorsque je longe un cours d'eau, une pensée me vient toujours : "A quoi pourrait bien ressembler la vie de nos rivières françaises si elles n'avaient pas été perturbées par le monde moderne ?
Afin de répondre à cette question, j'ai décidé de reconstituer ma rivière. Certes, elle est le fruit de mon imaginaire mais elle est aussi bien réelle, constituée de tronçons de rivières existantes. Je recrée tout simplement ce que devrait être une rivière française si l’homme n’avait pas modifié le contexte environnemental de nos cours d’eau.
La rivière de mes rêves est avant tout habitée par le peuple de l'eau, dans toute sa diversité ; le saumon roi y côtoie la libellule qui s'extirpe de son carcan larvaire pour devenir demoiselle ailée, le castor croise les derniers visons d'Europe. Et quant au martin pêcheur, il décoche sa flèche bleue pour survoler les rives saupoudrées de fleurs aussi somptueuses que devenues rares.
Il s'agit également d'une rivière idyllique peuplée de personnages bien réels et encore vivants.
Des passionnés qui ont tous un attachement viscéral à leur bout de rivière...qu'ils soient artistes, naturalistes, propriétaires de moulin, plongeurs ou nostalgiques de la rivière de leur enfance. Avec leurs récits, nos propres souvenirs remontent à la surface. Ce miroir nous invite à voyager dans notre enfance et à mesurer ô combien la rivière est essentielle à notre bien-être, à notre existence, à notre futur.
La rivière de mes rêves est encore enfouie dans notre mémoire collective. N'attendons pas qu'elle disparaisse à jamais.

« La rivière » a pour ambition de révéler un des plus grands spectacles de la nature.
Tourné au format 4k, parfois avec un drone, des images à couper le souffle. 
 

 

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