Paname

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Paname Autour du Passage des Soupirs

Yvan Hallouin et Frédérick Gersal à Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications / © 13 productions
Yvan Hallouin et Frédérick Gersal à Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications / © 13 productions

Si Venise a son Pont des Soupirs, Paris a son passage des Soupirs, dans le haut du quartier de Ménilmontant dans le 20e arrondissement. C’est un îlot de quiétude, dans un quartier populaire très animé, une venelle pavée où les oiseaux et les chats sont rois. 
 

Par Véronique Borel

Paname Passage des Soupirs
Sommaire de Passage des Soupirs

Yvan commence la balade en s’arrêtant  dans la boulangerie de Benoît Castel, où de larges baies vitrées donnent à voir aux passants le quotidien du fournil.  L'équipe travaille à la vue des clients, au cœur de la boutique, près des tables d’hôtes qui accueillent les petits déjeuners, déjeuners, brunchs gargantuesques et goûters. « C’est important que les clients voient comment on travailler, et quels produits on utilise. Zéro colorant de synthèse, des farines bios, moulues par des paysans meuniers. Pas de gélatine bovine mais des nappage à base de pectine de pomme » de Benoît Castel. Ses produits phares sont la tarte à la crème, le bobo au rhum et le Pain du Coin au levain... Yvan passe en sous-sol et participe à la fournée.
 
Boulangerie patisserie Benoit Castel / © http://benoitcastel.com/
Boulangerie patisserie Benoit Castel / © http://benoitcastel.com/


Benoît Castel
150 rue de Ménilmontant, 75020 Paris


♦ Ensuite il franchit le seuil de la passementerie Verrier, et se retrouve dans un atelier hors du temps où règne le cliquetis des métiers Jacquard. Dans les casiers de bois, des écheveaux de laines et des bobines de soie attendent leur heure pour s’entremêler.
La société est co-dirigée par Yves Dorget, dont les parents ont racheté l’entreprise en 1968, et Anne Anquetil. Les dix employés travaillent pour des demandes sur mesure, tissent sur des métiers Jacquard ou à la main quand cela est nécessaire. Des tapissiers, décorateurs et designers fréquentent ce lieu digne d'un roman de Zola. Ils y choisissent les couleurs des fils qui seront teints sur mesure, la torsade d'un cordon faite à la main, la forme des brandebourgs qui orneront des tentures jusqu'aux tapis de table de leurs riches clients, des hôtels de particuliers jusqu'à la Maison Blanche à Washington.
 
Rosace en passementerie / © Passementerie Verrier
Rosace en passementerie / © Passementerie Verrier


Passementerie Verrier
10 rue Orfila, 75020  Paris


♦ Il retrouve l’historien Frédérick Gersal à la Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications. Un patrimoine unique, mémoire de l'activité de deux secteurs particulièrement importants de la vie économique française. L’histoire de La Poste se confond depuis des siècles avec celle de la France. La BHPT rassemble 100 000 documents, consultables sur rendez-vous. Frédérick extirpe des rayons, des trésors : itinéraires de routes du XVIIIe siècle où figurent les relais de poste, cartes et atlas anciens… 
 
Les femmes aux PTT : position A / © BHPT
Les femmes aux PTT : position A / © BHPT


Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications
89 rue Pelleport, 75020 Paris

♦ Yvan laisse Frédérick et nous emmène à  l’ENAMEF, (Ecole Nationale des Métiers du Funéraire). Une école méconnue qui forme des professionnels dans un secteur qui ne connaît pas la crise : le funéraire. Non loin du Père Lachaise l’école présidée par Florence Fresse, forme  en un mois une dizaine de candidats, essentiellement des reconvertis,  aux métiers de conseiller funéraire, de maître de cérémonie et de thanatopracteur. La série Six Feet Under, qui raconte le quotidien d’une famille à la tête d’une petite entreprise de pompes funèbres,  a déclenché des vocations. « Quand elle était diffusée, on avait dix coups de fil par jour de personnes qui voulaient devenir thanatopracteurs. Des profils très jeunes. » dixit Florence Fresse.
 
Cercueil de l'École Nationale des Métiers du Funéraire / © ENAMEF
Cercueil de l'École Nationale des Métiers du Funéraire / © ENAMEF


École Nationale des Métiers du Funéraire
100 rue de Ménilmontant, 75020 Paris


♦ Et pour finir Yvan nous entraine dans l’atelier de Cécile Kretschmar. Elle  confectionne des perruques, masques et prothèses pour le cinéma, le théâtre et l’opéra. Son atelier déborde de livres d’arts, de DVD, de cartons, d’outils, de moulages de visages de comédiens… Elle a reçu en 2018 le César des meilleurs costumes pour la création des masques du film Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel. Entre ses mains sont nés les mille visages d’Edouard, le personnage de “gueule cassée” incarné par Nahuel Pérez Biscayart. Toute sa famille de a été mise à contribution pour cette aventure :  le visage d’Itto, sa deuxième fille, a été moulé pour le masque de la lune, son autre fille, Chucha, s’est occupée des perles et des décorations d’une autre pièce, et son fils, Meimoun a concu des origamis pour une autre création.
 
Réalisation de Cécile Kretschmar / © flickr.com
Réalisation de Cécile Kretschmar / © flickr.com