Un procès pour homicides involontaires requis contre la SNCF après la catastrophe de Brétigny en 2013

La gare de Brétigny-sur-Orge, le lendemain de l’accident. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
La gare de Brétigny-sur-Orge, le lendemain de l’accident. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le parquet d'Evry a requis un procès pour homicides et blessures involontaires contre la SNCF et un cheminot à la tête d'une brigade chargée de l'inspection des voies au moment du déraillement, six ans après la catastrophe de Brétigny-sur-Orge.

Par France 3 PIDF / AFP

Le drame avait fait sept morts et des dizaines de blessés. Six ans après la catastrophe de Brétigny, en Essonne, le parquet d'Evry annonce ce vendredi qu’il a requis un procès pour homicides et blessures involontaires à l'encontre de la SNCF et d'un cheminot du groupe.
Âgé de 24 ans à l'époque, le cheminot en question était à la tête d'une brigade chargée de l'inspection des voies au moment du déraillement. Il avait réalisé la dernière vérification, huit jours avant la catastrophe.

Trois morts parmi les passagers du train, quatre sur le quai

La catastrophe – l’une des pires survenues en France depuis une vingtaine d'années – remonte au 12 juillet 2013, quand un train Intercités Paris-Limoges avait déraillé en gare après qu’une éclisse (une sorte de grosse agrafe qui maintient deux rails consécutifs) avait pivoté, source de l’accident. Bilan : trois morts parmi les passagers du train, quatre parmi les personnes qui attendaient sur le quai, et des dizaines de blessés.
L'enquête, qui aura duré cinq ans avant sa conclusion début 2019, a d’ailleurs exclu « toute faute du conducteur ou un quelconque acte de malveillance », d’après le parquet. Ce dernier a conclu que le train avait déraillé à cause « de défauts de maintenance », d'un « système de surveillance insuffisant », et de « manquements dans l'organisation des ressources humaines ».

Un morceau de voie mal entretenu d’après l’enquête

Alors que toutes les expertises ordonnées par la justice ont conclu que le train avait déraillé à cause d'un morceau de voie mal entretenu, qui s’était désagrégé au fil du temps, la SNCF explique de son côté que l'assemblage en question a cédé brutalement à cause d'un défaut de l'acier. Une hypothèse qui dédouanerait le groupe, puisque l’accident aurait ainsi été imprévisible.
Sollicité vendredi à propos des réquisitions du parquet, l'avocat de la SNCF, Emmanuel Marsigny, a indiqué « ne pas être en mesure de communiquer » sur un document dont il n'avait « pas eu connaissance ». Reste désormais aux juges d'instruction de décider de renvoyer, ou non, la SNCF et le cheminot devant le tribunal correctionnel.

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