Escroquerie à l'épave roulante : une trentaine de professionnels de l'automobile devant la justice

Des dizaines d'épaves de voitures entreposées dans une casse (illustration). / © JOHANNA LEGUERRE / AFP
Des dizaines d'épaves de voitures entreposées dans une casse (illustration). / © JOHANNA LEGUERRE / AFP

Une trentaine de professionnels de l'automobile, dont un expert, sont jugés dès ce lundi à Evry, en Essonne. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à un réseau ayant mis en circulation des centaines d'épaves roulantes.

Par France 3 Paris IDF / AFP

Au total, plus de 1 000 véhicules ont été remis en circulation entre 2014 et 2016 dans le cadre du réseau. Une trentaine d’hommes, tous inconnus de la justice, sont jugés à partir de ce lundi au tribunal correctionnel d'Evry, tous soupçonnés d’avoir appartenu à un système d’escroquerie à l'épave roulante.

Poursuivis pour mise en danger de la vie d'autrui, association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée et blanchiment d'argent, ces professionnels de l’automobile encourent des peines de prison ferme ainsi que d'importantes amendes.

Des véhicules remis en circulation après des réparations sommaires

L’affaire remonte à juin 2016, lorsqu’un automobiliste porte plainte contre un garagiste, qu’il soupçonne de remettre en circulation des véhicules endommagés. D’après les premiers éléments des investigations, les voitures provenant de cet établissement ont bien été réparés de façon sommaire avec des pièces de sécurité non changées, d'occasion ou volées.
Les enquêteurs se tournent alors vers l'expert qui a autorisé la mise en circulation de véhicules en questions. Placé en garde à vue, l’homme explique « fonctionner à la confiance » et admet n'avoir ni justificatifs ni factures. De quoi provoquer l’ouverture d’une enquête par le parquet d’Evry, pour faux et usage de faux, escroquerie et mise en danger de la vie d'autrui.

Des rapports écrits à la chaîne par l’expert

Le système aurait ainsi reposé sur des garagistes chargés de rafistoler des véhicules endommagés, avant de les revendre. L'expert est poursuivi pour être intervenu après coup, en validant lesdites réparations.

Pour donner une idée de l’échelle du réseau, l'expert a écrit plus de 500 rapports rien que dans les six premiers mois de 2016. D’après les enquêteurs, le taux moyen annuel d'un expert automobile tourne pourtant autour des 200 rapports.

107 plaintes déposées du côté des victimes

Pour ce qui est des victimes, 107 d'entre elles ont déposé plainte. Le préjudice estimé s’approche du million d'euros selon les investigations. Au tribunal d’Evry, le procès doit durer jusqu'au 9 septembre.
Ce n’est pas la première fois que l’Île-de-France fait face à des affaires de ce type, signe des failles du marché de l'occasion. En décembre 2016, un expert de la région parisienne avait été condamné pour homicide involontaire à 20 000 euros d’amende et quatre ans de prison dont deux ferme. Une Clio qu'il avait remise en circulation, sans assurer le suivi réglementaire lors des réparations, avait causé la mort d'un jeune homme en Essonne.
 

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