Essonne : le maire de Yerres prend de nouveau un arrêté pour autoriser "l’ensemble des commerces" à ouvrir

Olivier Clodong, le maire de Yerres, a pris un arrêté "autorisant l’ensemble des commerces de proximité de la commune à rester ouverts". L’élu avait déjà pris un arrêté similaire l’an dernier, rapidement annulé par la justice.

Une boutique de bijoux, ouverte samedi malgré les consignes sanitaires du gouvernement.
Une boutique de bijoux, ouverte samedi malgré les consignes sanitaires du gouvernement. © France 3 PIDF

Prêt-à-porter, bijoutiers… Alors que le troisième confinement a débuté ce samedi, plusieurs commerces dits "non-essentiels" ont pourtant ouvert leurs portes à Yerres, en Essonne. Le maire DVD Olivier Clodong a en effet pris vendredi un arrêté dans ce sens, contredisant les nouvelles mesures sanitaires annoncées jeudi pour un mois par le gouvernement.

Un magasin de chaussures qui aurait dû fermer pour au moins quatre semaines accueillait par exemple des clients sur le pas de la porte. "Il faut qu’on reste ouvert, c’est très important, explique la commerçante Isabel Sequalino à France 3 Paris IDF. Aussi bien nous, que le prêt-à-porter. Mais nous en particulier, parce qu’on a mal. Si vous achetez une paire de chaussures et que vous êtes serré dedans, au bout d’une heure vous ne pouvez plus la mettre, vous ne pouvez plus rien faire. Donc c’est important qu’on reste ouvert."

Un magasin de chaussures, ouvert samedi à Yerres.
Un magasin de chaussures, ouvert samedi à Yerres. © France 3 PIDF

La bijoutière Delphine Rebmann, elle aussi ouverte, vient de renouveler entièrement son stock : "La boutique est complète. La trésorerie est dans la boutique…"

"En quoi y aurait-il plus de risques sanitaires à faire ses achats chez un chausseur ou un fleuriste que dans une boulangerie, une librairie ou chez le coiffeur ?", affirme de son côté la mairie, dans un communiqué annonçant l’arrêté.

"La Ville de Yerres considère que la fermeture, annoncée hier, de certains commerces de proximité jugés non essentiels, sur des critères incompréhensibles et incohérents, constitue une rupture d’égalité de traitement commercial et un non-sens en matière de lutte contre le virus", poursuit la Ville, qui "estime que le maintien du commerce de proximité, tout le commerce de proximité, est un élément fondamental, tant social qu’économique, dans cette période troublée".

Un arrêté similaire pris l'an dernier, puis annulé par la justice

La mairie de cette commune de 30 000 habitants met toutefois en avant des "protocoles sanitaires stricts (nombre de clients limité, instauration de rendez-vous, port du masque et utilisation du gel hydroalcoolique)".

Olivier Clodong avait déjà pris un arrêté similaire en octobre dernier. Cette décision avait été ensuite annulée par la justice, au bout de quelques jours. Concernant l’arrêté actuel, la préfecture de l'Essonne a d’ailleurs déjà indiqué vendredi à l’AFP envisager un recours auprès du tribunal administratif.

Sur Twitter, l’annonce d’Olivier Clodong a été saluée par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), ancien maire de Yerres et député de l'Essonne. "Alors que des centaines d’enfants se retrouvent dans les cantines, on va empêcher nos commerces respectant un protocole sanitaire d’accueillir quelques clients ? Résistons !", a affirmé l’élu.

A noter que dans l’ensemble des départements franciliens, le gouvernement a autorisé les librairies, les disquaires et les coiffeurs à rester ouverts comme d'autres commerces considérés comme "essentiels". Les autres commerces ont dû fermer dès ce weekend.

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