Expédition punitive contre des Roms : jusqu'à 6 mois de prison ferme

© Philippe Huguen/AFP Photos
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Six hommes ont été condamnés le 3 juillet à des peines allant jusqu'à 6 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir voulu attaquer un campement rom après la propagation de rumeurs. Mercredi 23 octobre, deux étudiants ont comparu pour des faits similaires. 

Par France 3 IDF / EB

Le 25 mars, vers 1 heure du matin, ces six hommes âgés de 23 à 26 ans, originaires de Chelles (Seine-et-Marne), avaient été interpellés alors qu'ils fuyaient les abords d'un campement de Roms à Bobigny. L'un deux avait une brique dans sa poche. Fin mars, plusieurs camps et squats abritant des membres de cette communauté avaient été pris pour cibles, notamment en Seine-Saint-Denis. Des attaques qualifiées de "dérives inacceptables" par le gouvernement.

"le meneur" de "l'expédition punitive" a été condamné à six mois de prison ferme


Parmi les six prévenus, celui considéré par le parquet comme "le meneur" de "l'expédition punitive" a été condamné à six mois de prison ferme. Il avait posté sur les réseaux sociaux une vidéo où l'on voyait des véhicules en train de brûler sous un bandeau "Ce soir c'est la guerre". Trois autres ont été condamnés à cinq mois de prison ferme et deux d'entre eux à cinq mois avec sursis. Le parquet avait requis jusqu'à sept mois de prison ferme.
  
SOS Racisme qui s'est constituée partie civile aux côtés d'associations anti-racistes (Voix des Rroms, MRAP, LICRA, LDH) "se satisfait de ce délibéré au regard des condamnations prononcées", indique Me Ivan Terel, avocat de l'association dans cette affaire, dans un communiqué. "Il semble que le tribunal a tenu compte du mobile raciste des faits, même si la circonstance aggravante n'a pas été formellement retenue", précise-t-il.

Ces six hommes professionnellement insérés (manager dans une boutique de chaussures de sport, apprenti conducteur de train, manager dans un fast-food...) ont également été condamnés à verser 2.000 euros de dommages et intérêts à l'association la Voix des Rroms, qui avait recensé 38 agressions lors de cette vague de violences. 
  
Ils devront aussi verser solidairement un euro aux autres parties civiles. Mi-avril, le tribunal correctionnel de Bobigny a déjà condamné trois prévenus à des peines allant jusqu'à dix mois de prison ferme pour une expédition punitive menée dans un squat à Clichy-sous-Bois. 

Deux étudiants jugés pour incitation à l'agression

Deux étudiants âgés de 19 ans ont été jugés mercredi 23 octobre à Bobigny également pour des violences contre des Roms fin mars. Ils auraient incité à agresser des Roms sur des groupes de discussions en ligne. Ils avaient été interpellés aux abords du camp de Roms par la police le soir où les violences ont été commises. Le parquet a requis 180 heures de travaux d'intérêt général pour participation à un groupe en vue de commettre des violences.
 
Procès 23 octobre

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