A 75 ans, elle va parcourir 276 km en fauteuil roulant pour sensibiliser au handicap

Anne Morelli Jagu débute ce lundi un périple en fauteuil électrique de Suresnes à Colleville en Normandie. Par le biais de ce voyage, la septuagénaire entend rendre hommage aux soignants, sensibiliser au handicap ainsi qu’accomplir un devoir de mémoire.
Anne Morelli avant son départ
Anne Morelli avant son départ © Lions Club Suresnes

Le périple d’Anne Morelli Jagu démarre ce lundi du cimetière américain de Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Dans dix jours, elle compte rallier un autre cimetière américain en Normandie dans la commune de Colleville. Cette retraitée accomplira la majeure partie de son voyage en fauteuil électrique. Pour les tronçons de route impraticables avec ce moyen de transport, elle sera accompagnée tout au long des 276 kilomètres qui séparent les deux lieux de mémoire par une voiture qui poursuivra le trajet afin qu’elle atteigne son objectif dans les temps. 

Le devoir de mémoire est l’un des objectifs principaux de ce défi pour la septuagénaire. "Je souhaite relier les deux cimetières américains pour rendre hommage aux soldats qui sont tombés lors de la Seconde Guerre mondiale et plus spécifiquement lors du débarquement sur les plages de Normandie. Une fois à Colleville, j’aimerais jeter des fleurs à la mer pour saluer la mémoire des soldats sont décédés dans la mer" , explique-t-elle. Anne Morelli Jagu souligne également l’importance historique et mémorielle du cimetière du Suresnes en ce qu’il est l’un des seuls en France à rassembler des tombes de soldats ayant perdu la vie durant les deux guerres mondiales.

Un voyage pour sensibiliser au handicap et à l’accessibilité

Un des autres objectifs majeurs de ce périple est la sensibilisation au handicap ainsi qu’à l’importance de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. " Au commencement de ce projet, je souhaitais réaliser le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, mais après la retraite les difficultés que j’ai développée pour marcher ont rendu ce projet compromis", précise la septuagénaire. Pour son trajet entre Suresnes et Colleville, l’aspect religieux reste présent à travers une étape vers un autre lieu de pèlerinage à Lisieux dans le Calvados. 

Outre les motivations religieuses du périple, Anne Morelli Jagu entend également faire de ce voyage une ode au dépassement de soi afin de sensibiliser au handicap. "Je veux montrer que l’on peut surmonter le handicap pour accomplir de belles choses, que malgré les difficultés, on peut quand même y arriver"  confie-t-elle à France 3 Paris Île-de-France. Enfin, sur la question du handicap, ce défi a également vocation à démontrer l’importance de l’accessibilité pour tous, comme l’explique Martine Béjot, responsable du Lions Club Suresnes qui est partenaire du projet "on souhaite le plus possible éveiller les consciences sur cette problématique majeure pour les personnes à mobilité réduite. C’est depuis longtemps un cheval de bataille de notre club".

Un périple en guise d’hommage aux soignants

Le troisième objectif de l’itinéraire d’Anne Morelli Jagu est de saluer le travail quotidien des soignants. "Je croise les soignants chaque semaine lors de mes séances de dialyse et ils font un travail formidable pour m’aider et m’accompagner" note-t-elle. "Ce voyage, c’est également pour les remercier que je souhaite le faire". Durant tout le trajet, une voiture de la Croix-Rouge fera partie du cortège. Le voyage en fauteuil électrique s’effectuera à travers les voies vertes, à savoir des routes aménagées pour favoriser les déplacements en fauteuil. Des étapes seront observées durant l’ensemble du parcours pour permettre à la protagoniste de suivre ses séances de dialyse.

Ainsi, ce parcours entend remplir un triple objectif de sensibilisation et d’hommage à des causes qui sont chères à Anne Morelli Jagu. Elle souhaite montrer à travers cet itinéraire mémoriel que le handicap n’est pas un obstacle lorsque l’objectif que l’on poursuit et le message que l’on souhaite transmettre transcendent les limitations que le corps impose.
 

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