Hauts-de-Seine – Un diplomate burundais en procès accusé d'avoir réduit en esclavage un employé

Méthode Sindayigaya accuse un ancien diplomate burundais et sa femme de l'avoir réduit en esclavage pendant 10 ans. / © Isabelle Audin - France 3 Paris Île-de-France
Méthode Sindayigaya accuse un ancien diplomate burundais et sa femme de l'avoir réduit en esclavage pendant 10 ans. / © Isabelle Audin - France 3 Paris Île-de-France

Un ancien ministre burundais et diplomate à l'Unesco et sa femme sont jugés à partir de ce lundi à Nanterre. Ils sont accusés d'avoir employé un homme dans leur maison des Hauts-de-Seine en le faisant travailler 19 heures par jour, 7 jours sur 7 pour 50 euros par mois.

Par MT/AFP

Ce sont des ouvriers qui intervenaient dans la maison du prévenu à Ville-d'Avray dans les Hauts-de-Seine qui ont découvert (et signalé) le sort de l'homme en juillet 2018. Aujourd'hui âgé de 39 ans, il était arrivé de la capitale du Burundi, Bujumbura, en 2008, initialement pour une période de 3 mois.

Selon les parties civiles, il a alors dû travailler 19 heures par jour, 7 jours sur 7, s'occupant du ménage, du jardin, de la cuisine, de la lessive, ainsi que des soins d'un des enfants du couple, un adulte souffrant de handicap.

L'homme était "insulté" et "rabaissé", dormait dans la cave sans conditions d'hygiène basiques, son passeport lui ayant été enlevé, décrivent les parties civiles, qui ajoutent qu'il devait recevoir environ 50 euros de rémunération par mois – une somme qui n'a, de plus, pas été versée en intégralité.

Les deux prévenus, qui contestent toute infraction, comparaissent ainsi pour traite d'être humain, travail dissimulé, emploi d'un étranger sans titre et aide au séjour irrégulier.
 

"Un ami de la famille"

Le diplomate "a été meurtri et très peiné" de "cette dénonciation qu'il considère comme calomnieuse et nous ferons en sorte de faire éclater la vérité", a déclaré Me Dominique Naveau-Duschesne, son avocate.

"Les pièces du dossier montrent les contradictions qu'il y a entre (les) déclarations (du plaignant NDLR) et la réalité", a-t-elle assuré, ajoutant qu'il s'agissait d'un "ami de la famille, qui était traité comme un membre de la famille".

Suivez le procès en direct sur Twitter et le compte de notre journaliste, Isabelle Audin.
 

Déjà condamné en 2007 pour ces infractions

Le couple avait été condamné en 2007 à Nanterre dans un dossier similaire, puis ils avaient été relaxés en appel.

À l'époque, ils avaient été accusés "d'avoir maintenu dans des conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité humaine" deux jeunes parentes, indique dans un communiqué le Comité contre l'esclavage moderne (CCEM), partie civile au procès de lundi.
Les deux sœurs, qui étaient orphelines, ont poursuivi la procédure jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui a condamné la France en octobre 2012, pour avoir failli dans sa lutte contre le travail forcé.

En juillet 2013, le parlement français a introduit dans le code pénal le travail forcé, la réduction en servitude et la réduction en esclavage.
 

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