JO Paris 2024 : Le Stade Yves-du-Manoir à Colombes, un lieu symbolique de l’histoire olympique

Le Stade Yves-du-Manoir à Colombes revêt une signification particulière dans l’Histoire des JO à Paris. A près de 1000 jours de la cérémonie d’ouverture de Paris 2024, Christine Dessemme, conservatrice du Musée d’Art et d’Histoire de Colombes, raconte l’histoire de ce lieu du patrimoine francilien.

Dans un peu plus de 1000 jours seront lancés à Paris les Jeux Olympiques de Paris 2024. Un siècle après les avoir accueilli pour la dernière fois en 1924, la capitale sera à nouveau ville olympique. Si de nombreuses enceintes qui seront utilisées dans le cadre de ces Jeux n’existaient pas il y a cent ans, il en est une qui faisait déjà partie du paysage sportif francilien. Il s’agit du stade Yves-du-Manoir.

Construit à la fin du XIXe siècle, l’écrin est d’abord utilisé comme un hippodrome avant que les activités sportives ne s’y diversifient au tournant du XXe siècle. "Des rencontres sportives comme du rugby et du hockey sur gazon ont été organisées à partir de 1900", explique Christine Dessemme, conservatrice au Musée Municipal d’art et d’Histoire de Colombes. Le stade devient d’ailleurs à partir de 1908 le domicile du Racing Club de France de Hockey sur Gazon.

Ce sport sera par ailleurs à l’honneur à Colombes lors de la prochaine olympiade puisque c’est dans le cadre de la compétition de hockey sur gazon que Yves-du-Manoir accueillera Paris 2024. Ce n’est pas la première fois que le stade des Hauts-de-Seine sera le théâtre d’épreuves olympiques. En 1924, l’enceinte était déjà au centre du dispositif olympique des Jeux de Paris. 

La cérémonie d’ouverture et de nombreuses épreuves en 1924

Il y a cent ans le stade occupe déjà une place centrale lors des Jeux. Il est d’abord utilisé en tant que lieu d’accueil de la cérémonie d’ouverture, mais également pour de nombreuses épreuves. "On y organisait les compétitions d’escrime, de rugby à treize, d’athlétisme, le football, mais aussi l’équitation ou encore le tennis", explique Christine Dessemme.

En outre, l’écrin qui était baptisé à l’époque Stade du Matin servait de point de départ aux courses cyclistes et au marathon olympique. C’est également à Colombes que le premier village olympique de l’histoire voit le jour dans le cadre de cette olympiade. "Cela a permis à beaucoup d’athlètes de différents pays d’enfin pouvoir disputer les JO. Avant cela, au-delà des problématiques liées au voyage se posait également la question des athlètes une fois sur place", précise la conservatrice. 

Jusqu’aux années 1970, Yves-du-Manoir accueille les grands matchs du sport français

Après les Jeux de 1924, le stade demeure jusqu’aux années 1970, un haut-lieu du sport français. Il est utilisé pour accueillir les matchs des Équipes de France de football et de rugby. Outre les sports collectifs, le stade est également le théâtre de grandes soirées de boxe comme le combat entre Jean-Claude Bouttier et Carlos Monzon en 1972. 

L'année 1972 marquera d’ailleurs la fin progressive des événements internationaux de sport à Colombes avec la fin de la reconstruction du Parc des Princes qui fut utilisé pour les matchs internationaux des Équipes de France jusqu’à la fin de la construction du Stade de France en 1998.

Un lieu au cœur des projets olympiques franciliens  

Un projet de rénovation du stade est en cours pour permettre au lieu d’accueillir les épreuves de hockey sur gazon dans trois ans. Dans le cadre des travaux, une tribune du stade historique a été vendue aux enchères en avril dernier. À travers l’histoire, le Stade Yves-du-Manoir a toujours fait partie des projets olympiques.

En 2012 Paris avait proposé en tant que ville-candidate pour l’organisation des Jeux d’utiliser les terrains de Colombes pour les épreuves de baseball. Dans l’histoire olympique de Paris, le Stade Yves-du-Manoir a donc une place particulière. Celle d’un lieu que le sport n’a jamais quitté à travers les siècles.                                     

 

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