Un surveillant de la prison de Nanterre condamné à un an ferme pour avoir fait passer des téléphones

Le surveillant de Nanterre, suspendu de ses fonctions puis radié, est désormais condamné pour corruption passive et tentative de remise d'objet à un détenu (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP
Le surveillant de Nanterre, suspendu de ses fonctions puis radié, est désormais condamné pour corruption passive et tentative de remise d'objet à un détenu (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP

Un gardien de la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine, à Nanterre, vient d’être condamné jeudi à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un ferme. Le fonctionnaire était jugé pour avoir introduit 10 téléphones dans la prison, en échange de 1000 euros.

Par France 3 Paris IDF / AFP

Il terminera de l’autre côté des barreaux. Un surveillant pénitentiaire a été condamné jeudi à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour avoir fait passer des téléphones en échange de 1000 euros dans la maison d'arrêt de Nanterre, où il travaillait.

Les faits remontent au printemps 2018. Le 31 mai l’année dernière, un sac contenant 10 portables ainsi que des chargeurs était trouvé sous des déchets, dans la poubelle d'un bureau réservé aux gardiens de la prison. La découverte faisait suite à une dénonciation anonyme. Les enquêteurs détermineront plus tard, en visionnant les enregistrements de vidéosurveillance, qu'un seul surveillant était entré dans le bureau en question au cours des heures qui précèdaient.

« Sur le coup, j'ai pas du tout réfléchi »

Le trentenaire - suspendu de ses fonctions, radié, et désormais condamné pour corruption passive et tentative de remise d'objet à un détenu - a reconnu avoir accepté de déposer le sac dans cette poubelle, à la demande d'un ancien détenu avec qui il s'était lié d'amitié. « Sur le coup, j'ai pas du tout réfléchi », « j'avais des dettes », a d’ailleurs expliqué jeudi à la barre le surveillant. Il a aussi exprimé de forts regrets à l'audience.

Face à la justice, l’ancien détenu en question a expliqué qu'il avait lui-même été contacté par téléphone, depuis la maison d'arrêt, par un prisonnier dont il n'a pas voulu révéler l'identité. L’ex-détenu a été condamné à trois ans de prison ferme pour corruption et complicité de tentative de remise d'objet à un détenu.

« Quand on prête serment dans l'administration de la justice, on s'engage à agir avec probité »

Un troisième prévenu était aussi présent à l’audience, jeudi : un ex-détenu âgé de 37 ans, alors auxiliaire chargé du ménage au sein de la maison d’arrêt au printemps 2018. Il avait, le matin des faits, vidé la poubelle où devaient se trouver les appareils. Condamné à 18 mois de prison, l’homme a pour sa part nié toute implication.

De son côté, la procureure – requérant un an de prison contre le surveillant, deux ans contre le détenu et six mois à un an contre l'ancien auxiliaire – a dénoncé une situation « extrêmement grave » : « Quand on prête serment dans l'administration de la justice, on s'engage à agir avec probité ».
 

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