Villeneuve-la-Garenne : le premier adjoint à la mairie mis en examen pour trafic d'influence

L'élu de Villeneuve-la-Garenne a été entendu par la police judiciaire des Hauts-de-Seine. / © BERTRAND GUAY / AFP
L'élu de Villeneuve-la-Garenne a été entendu par la police judiciaire des Hauts-de-Seine. / © BERTRAND GUAY / AFP

Abdel Aït-Omar, premier adjoint à la mairie de Villeneuve-la-Garenne, a été placé en garde à vue mardi 10 mars puis mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour trafic d'influence.

Par EH avec MT et AFP

A quelques jours du premier tour des élections municipales, la police judiciaire a perquisitionné le bureau Abdel Aït-Omar, premier adjoint à la mairie, mardi 10 mars.

L'élu a été placé en garde à vue à Nanterre et entendu par la police des Hauts-de-Seine. Il a été mis en examen le lendemain, mercredi, pour trafic d'influence passif et violation du secret professionnel a indiqué le parquet de Nanterre (et non pour faux en écritures privées et usage de faux comme affirmé précédemment).

L'enquête a été ouverte en mars 2019 après des dénonciations "à l'encontre de M. Aït-Omar, en lien avec ses attributions à la mairie de Villeneuve-la-Garenne", selon la même source.

"Je trouve ahurissant que l'on place en garde à vue un candidat à l'élection municipales quatre jours avant la dite élection. Cela ressemble à s'y méprendre à une instrumentalisation de la justice pénale", rétorque Yves Leberquier, avocat au barreau de Paris et représentant de M. Aït-Omar.
 

Versements à des associations proches

Les faits remonteraient à l'année 2018. En cause notamment, "des versements de subventions à différentes associations locales qui travaillent en faveur" d'Abdel Aït-Omar, candidat sans étiquette, indique-t-on du côté de la mairie.

D'après Le Parisien, l'association de soutien scolaire ECD (Ecoute, Conseil, Dialogue) fondée et animée par M. Aït-Omar, intéresse particulièrement les enquêteurs. Cette dernière a déjà été épinglée dans un audit de 2015 réalisé à la demande du département des Hauts-de-seine qui avait relevé plusieurs irrégularités, comme de "fausses attestations de travail", a confirmé la mairie.

Un "cadre d’une société de promotion immobilière" est aussi concerné par l'affaire et a été également mis en examen, précise le parquet. Ils ont tous les deux été placés sous contrôle judiciaire.
 

D'autres proches écartés

Les délégations d'Abdel Aït-Omar au sein du conseil municipal lui avaient toutes été retirées il y a une dizaine de jours pour "rupture de confiance", indique-t-on du côté de la mairie, "probablement en raison d'éléments qui pourraient se retrouver dans l'enquête".

L'élu était en charge des relations avec les collectivités locales, des partenariats ou encore de la gestion urbaine de la ville. Deux autres membres du conseil municipal, présents sur la liste de M. Aït-Omar pour les municipales, se sont eux aussi vus retirer leurs délégations pour la même raison. M. Aït-Omar est tête de liste "Villeneuve Ville d'Avenir" (LDVD) aux prochaines élections.

Il s'agit de Hamid Daoudi en charge des commandes publiques et des finances et de Patrick Dikoumé, chargé de l'urbanisme, de l'habitat et des transports.

La mairie de Villeneuve, actuellement dirigée par Alain Bortolameolli (LR) qui ne se représente pas mais soutient la candidature d'un autre adjoint, a fait savoir qu'elle souhaitait se porter partie civile.
 

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