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Argenteuil, victime des emprunts toxiques

La ville du Val d'oise croule aujourd'hui sous le poids de sa dette, multipliée par six.

Par Valentine Ponsy

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Argenteuil victime des emprunts toxiques

Quand la crise financière mondiale fait trembler les collectivités ocales. En cause, ce qu'on a appelé les emprunts toxiques.Des emprunts à taux variable. Résultat, à Argenteuil dans le Val d'Oise, les comptes sont dans le rouge.

Comme tant d'autres communes en France, et comme le département de Seine-Saint-Denis, la ville d'Argenteuil a souscrit des prêts à taux variables adossés au taux de change euro-franc suisse. Aujourd'hui la commune en fait les frais, les intérêts explosent : ils s'élèvent à 33 millions d'euros pour 40 millions empruntés.

Voir ci-contre le reportage de Yohan Malka et Stéphane Lisnyj.

 Des emprunts à risques structurés c'est sous cette appellation que les banques ont proposé aux collectivités des prêts à première vue très attractifs. Dans un premier temps le taux d'intérêt est fixe et très bas, dans un deuxième temps, le taux est variable. Il est alors fixé sur le taux de change euro-franc suisse réputé stable. Mais la crise est passée par là, la monnaie suisse a été réévaluée, les taux d'intérêts ont alors flambé.

Conséquence pour les communes, elles se retrouvent avec des pénalités de remboursement parfois supérieures au montant du prêt. En 2009 ces emprunts dit "toxiques" contractés par la ville d'Argenteuil représentaient 93% de sa dette.

Dexia, le Crédit Agricole et les Caisses d'Epargne sont les trois banques qui ont proposé ce type d'emprunt. Selon les spécialistes, elles ont pratiqué des taux d'intérêt fixe anormalement bas et n'ont pas informé les souscripteurs sur les véritables risques encourus. En vogue dans les années 2000 ces prêts ont été interdits en France l'année dernière. Une enquête parlementaire est en cours. Une soixantaine de communes ont rejoint l'association Acteurs publics contre les emprunts toxiques. Certaines collectivités comme le département de Seine-Saint-Denis ont même attaqué les banques en justice.

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