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Des mesures pour améliorer un RER à bout de course

© France 3 IDF
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Pierre Morange, député des Yvelines (UMP) présente une série de mesures pour améliorer l'existant

Par Christian MEYZE/AFP

"Le système est en bout de course. Le réseau est vieillissant, il n'a pas fait l'objet des investissements nécessaires. Chaque jour, 3,6 millions de franciliens qui s'en servent, vivent une vraie souffrance et ont le sentiment d'être traités comme du bétail!" Le constat de Pierre Morange, député UMP des Yvelines, accablant, reflète la réalité.

Dans son rapport, désormais public et soumis à la discussion, Pierre Morange dresse un constat terrible, que tout francilien connaît et affronte quotidiennement, des 5 lignes du réseau express régional (soit 587km de voies et 257 stations desservies.

Pour les 3,6 millions de passagers quotidiens, qui passent plusieurs heures par jour dans les transports, pour gagner le centre le matin et la périphérie le soir, c'est, dit Pierre Morange, "le stress au quotidien", "une vraie souffrance morale physique, doublée d'un stoïcisme, avec ce sentiment d'être pris en otage par le système, d'être du bétail, c'est inadmissible".

Le député préconise plusieurs dizaines de mesures, dont six figurent dans une charte, intitulée "un RER au service des Franciliens", qu'il espère faire rapidement signer aux dirigeants de la SNCF Guillaume Pépy, de la RATP Pierre Mongin et de Réseau Ferré de France (RFF) Hubert du Mesnil.
Il réclame par exemple que des représentants des usagers puissent siéger aux conseils d'administration et de surveillance de ces entreprises, ainsi que la mise en place d'ici fin 2012 d'un "système d'information fiable, complet et multimodal pour communiquer de manière systématique des informations en cas d'incident" aux voyageurs, dans toutes les gares, y compris en langue étrangère.

                                   Un réseau totalement saturé

Il n'existe pas de chiffres indépendants sur les retards, mais "les études montrent que les gens anticipent en général une demi-heure sur l'heure à laquelle ils sont censés arriver", sans parler des rames bondées qui obligent à attendre le train suivant.
Sur la ligne A par exemple, la plus empruntée avec son million de passagers quotidiens,
les retards concerneraient, selon la SNCF et la RATP, 12% des trains, tandis que le RER B cumulerait 15 à 20% de retard, selon le député qui précise: "C'est la pire, sur certains tronçons ça peut monter à 33%".


 Les "voyageurs" (signal d'alarme actionné, blocage des portes, colis abandonné, atteintes à la sécurité et incivilités, mais surtout les suicides) en sont la première cause directe (40 à 44%), suivis des problèmes sur le matériel roulant (30%).
Mais la principale explication réside dans la saturation du réseau, alors que le nombre de voyageurs a augmenté de 30% sur les dix dernières années et devrait augmenter d'autant dans la décennie à venir, selon M. Morange, qui dénonce également l'inconfort, le manque de propreté et de sécurité des trains.


La mise en place d'une gestion unifiée, par le biais d'un poste de commandement unique, de la ligne A et B d'ici la fin de l'année, alors que des tronçons sont actuellement gérés alternativement par la SNCF ou la RATP, figure également parmi les mesures préconisées dans ce rapport.

Il propose aussi de donner au Syndicat des transports en Ile-de-France, le Stif, un rôle moteur dans la gestion globale du réseau.
Le député regrette de ne pas avoir obtenu d'informations financières précises de la part de la RATP et de la SNCF, dont la comptabilité sur l'Ile-de-France n'est pas détaillée, ce qui provoque "une absence de connaissance réelle du coût du réseau".
Il réclame de pouvoir consulter des comptes détaillés d'ici la fin de l'année.

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