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Dossier : Elections sénatoriales le 25 septembre

Le Sénat va être renouvelé pour moitié, au suffrage indirect. Explications sur ce scrutin.

Par Régions

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Gérard Larcher à la rencontre des grands électeurs

La campagne s'accélère pour le président sortant Gérard Larcher. Cet élu des Yvelines a rencontré hier soir les grands électeurs du Val de Marne. Gérard Larcher demande à la droite francilienne de se rassembler car les divisions internes pourraient bien faire perdre le sénat à l'UMP.

Le 25 septembre prochain, les grands électeurs sont appelés à voter pour élire 170 sénateurs, soit la moitié du Sénat. Tous les départements d'Ile-de-France sont concernés par cette élection partielle. 53 sièges sont à pourvoir dans cette région.

Voici le dossier de notre rédaction pour comprendre ce scrutin

Petit mémento (par Audrey Natalizi)

Combien de sénateurs par département ?

Le nombre de sénateurs par département est fonction de la population.

Pour la région Ile-de-France, ils seront 53, répartis de la façon suivante :

- Paris : 12 sièges

- Val-de-Marne : 6 sièges

- Essonne : 5 sièges

- Hauts-de-Seine : 7 sièges

- Seine-saint-Denis : 6 sièges

- Val-d'Oise : 5 sièges

- Yvelines : 6 sièges

- Seine-et-Marne : 6 sièges

Qui sont les grands électeurs ?

Ce sont des élus. Tous les conseillers généraux, les conseillers régionaux et les députés sont grands électeurs.

Au niveau de la commune, le nombre de grands électeurs varie en fonction du nombre d'habitants : de quelques conseillers municipaux pour les villes les plus petites à l'ensemble du conseil municipal pour les villes de plus de 9000 habitants. A partir de 30 000 habitants, les conseillers municipaux élisent des délégués supplémentaires (1 pour 1000 habitants).

Ainsi, par exemple, Paris compte 2406 grands électeurs contre 1994 pour le Val-de-Marne.

Comment se déroule le vote ?

L'élection a lieu dans le chef-lieu de chaque département.

Pour les départements qui élisent plus de 3 sénateurs (donc pour tous les départements d'Ile-de-France), il s'agit d'un scrutin à la proportionnelle. Les grands électeurs votent  pour une liste qu'ils ne peuvent pas modifier ("sans panachage ni vote préférentiel")

La composition actuelle du Sénat

source : www.senat.fr

NB : pour chaque groupe, le premier chiffre indique le nombre de sièges renouvelables sur le total des sièges du groupe.

Le calendrier

Date limite de dépôt des listes : 16 septembre

Elections des sénateurs : 25 septembre

Election du Président du sénat : 1er octobre

Fillon à la rescousse (par Daïc Audouit)

Le Premier ministre a réitéré son soutien à la liste conduite par C. Jouanno aux sénatoriales à Paris.

A l'occasion d'une réunion au siège de L'UMP devant des grands électeurs parisiens, mardi 15 septembre, François Fillon en appelé au rassemblement et à l'unité derrière la Ministre des sports. Au-delà de la majorité au Sénat, l'enjeu est pour lui d'affirmer son autorité dans la perspective d'une éventuelle venue sur Paris pour les municipales de 2014.

Kamikazes

Avant vendredi, date de clotûre d'inscription des listes sénatoriales, la pression monte pour persuader Pierre Charon de se retirer, à défaut de l'isoler de ses soutiens. 

François Fillon et Jean-François Copé à une même tribune, malgré leurs inimitiés : en genéral, cela signifie que la situation est grave. L'appareil de l'UMP met tout son poids dans la bataille.

A Paris, peut-être plus qu'ailleurs, comme le reconnait François Fillon.  "Paris concerne le reste de la France et doit ainsi faire figure d'exemple en matière d'unité et de rassemblement" (citation d'un participant à l'AFP). Mais au-delà des discours, la réunion d'hier soir était l'occasion de se compter. Et de poursuivre l'intox sur le jeu des ralliements et des défections.

Et dans le camp Jouanno, on se félicitait hier. "Dans l'assisance, j'ai repéré une demi-douzaine de grands électeurs étiquetés Charon. J'ai aussi vu un conseiller de Paris, du soutien duquel se targue également Pierre Charon. Il a beaucoup applaudi au discours du Premier ministre", témoigne un partisan de Jouanno. Et d'égréner la liste des défections : Jean-François Legaret , maire du 1er, il y a deux semaines, François Lebel, maire du VIII ème dimanche. Comme le résume un autre soutien de Jouanno : "Charon est désormais un homme seul avec une équipe de kamikazes derrière lui".

Et selon ces deux témoins, la phrase inélégante de Charon sur Jouanno la semaine dernière ( "elle sera élue qu'elle soit sur un tatamis ou dans un lit" )  a beaucoup nui à son image auprès de grandes électrices.

Pression.

Comment réagissent les kamikazes ? Dès hier, Pierre Charon s'étonnait, faussement naïf, que le Premier ministre s'implique dans la campagne.

Mais il s'attendait aux pressions, en déposant la semaine dernière sa candidature en préfecture. Prudemment, il n'avait pas voulu rendre publics les noms inscrits sur cette liste afin que les personnes ne subissent pas de menaces.

Néanmoins,il semblerait que la liste ait fuitée auprès des tenants de la liste Jouanno. Et qu'ils jettent en pâture les noms lors de réunions auprès des militants UMP de la capitale. " On savait qu'on allait avoir droit au rouleau compresseur. Toute la République est contre nous. C'est qu'on doit déranger. Notre combat est juste" témoigne un partisan de Pierre Charon.

Pas question d'abandonner pour celui-ci. Toute la journée est consacrée à la vérification des documents administratifs liés à la liste. Profession de foi, métiers, adresses et renseignements sur les candidats. Il ne faut pas risquer l'invalidation à cause d'erreurs bêtes.

"C'est bien la preuve que nous sommes décidés à y aller. Bien sûr qu'il y avait des militants à nous avec Fillon. Mais c'était pour mieux nous faire remonter l'information". Bref, jusqu'à vendredi, c'est une grande partie de poker menteur.

Qu'en pense Gérard Larcher ?

Le Président du Sénat observe avec un léger agacement l'affaire. Il sait qu'à Paris, l'enjeu dépasse celui des sénatoriales. Il s'agit de l'autorité de Fillon sur la capitale. Chantal Jouanno est la candidate choisie par le Premier ministre. Celle avec qui il espère faire un ticket en 2014 pour les élections municipales dans la capitale.

Larcher aimerait bien que l'on ne confonde pas tout. "L'Ile-de-France et Paris feraient bien de prendre exemple sur ce qui ce passe dans les autres départements. Quand il y a plusieurs listes, ça peut être enrichissant quand cela correspond à une histoire électorale, à une tradition" - sous-entendu : ce n'est pas le cas à Paris - "Les égos sont respectables mais moi je suis pour l'alter" résume-t-il.

Gérard Larcher reconnait que la multiplication des listes "rend le résultat incertain" même s'il reste confiant sur le fait de garder une majorité au Sénat.

Il demande néanmoins toujours à Pierre Charon de se retirer. Pour des raisons mathématiques et pas de personne. Le président du Sénat s'inquiète qu'avec les récentes défections d'élus, Pierre Charon ne soit plus assuré d'obtenir un siège et qu'il permette  à la gauche d'en gagner un.

Argument contesté par les partisans de Charon . "Vu les pressions, nos partisans ne le proclament pas sur la place publique. Mais isoloir peut rimer avec défouloir. Il faut que les hauts responsables de l' UMP comprennent que notre liste va ramener des voix qui ne se porteront jamais sur la liste de Chantal Jouanno" expliquent-ils.

Les listes des candidats aux sénatoriales

Copyright le site du Sénat

Le top 5 des sénateurs remplacés dimanche

 Photo de M. Charles PASQUA, sénateur des Hauts-de-Seine (Ile-de-France) Charles Pasqua, 84 ans (Hauts de Seine)

A 84 ans, Pasqua quitte le palais du Luxembourg “sans regret après 43 ans de vie politique” confie t’il à Nice-Matin. Un seul peut-être quand même. Celui de ne pas avoir pu emporter la présidence  du Sénat face à René Monory en 1992. La réputation de l’ancien ministre de l’intérieur était trop abrupte pour le feutre diplomatique du Sénat. Ses autres fonctions ont un peu éclipsé la réalité. Mais Charles Pasqua fut un pur sénateur. Elu de 77 à aujourd’hui, avec des interruptions dues à ses postes ministériels ou à ses autres mandats.Il a été président du groupe RPR à plusieurs reprises. Dans Nice-Matin, il récuse le mot retraite et annonce qu’il va lancer une fondation pour réflêchir aux questions de défense. Charles Pasqua ne prend pas également de retraite judiciaire. En novembre on connaîtra la date du procès de la fondation Hamon, affaire pour laquelle Charles Pasqua est renvoyé devant le tribunal correctionnel

 Photo de M. Robert BADINTER, sénateur des Hauts-de-Seine (Ile-de-France)Robert Badinter, 84 ans (Hauts de Seine)

La célèbration du trentième anniversaire de l’abolition de la peine de mort va peut-être aider Robert Badinter à passer le cap de sa retraite politique. Sage parmi les Sages, l’ancien garde des sceaux siégeait depuis 1995. Il était encore actif sur les questions de justice. Son dernier discours dans l’hémicycle remonte à juillet dernier sur la question des citoyens assesseurs. Mais son aura dépasse sa simple fonction politique. Ce samedi à la fête de l’Huma, il a lancé un appel contre l’execution de Troy Davis. En cas de victoire de la gauche en 2012, il sera l’une des consciences et des parrains moraux de la future majorité. En tout cas une référence. Cette majorité éventuelle saura peut-être utiliser le talent et la réputation de Robert Badinter à un poste honorifique. De toute façon, il n’est pas question de retraite pour celui qui  a toujours un cabinet d’avocat.

 Photo de M. Jean-Pierre FOURCADE, sénateur des Hauts-de-Seine (Ile-de-France)Jean-Pierre Fourcade, 82 ans (Hauts de Seine)

Le balai-brosse le plus célèbre des années 70. Un pur produit de la France des Trente Glorieuses. Haut-fonctionnaire de l’Etat qui aide à là reconstruction du pays, il entre en politique avec Giscard comme ministre des finances de 74 à 76. Son parcours électoral francilien commence à Saint Cloud, maire de 1971 à 1992, puis se poursuit à Boulogne-Billancourt, maire de 1995 à 2007. Elu au Sénat depuis 1977, lui aussi a été actif jusqu’au bout. Il a été rapporteur du projet de loi sur le Grand Paris et il est intervenu lors du débat de ce mois de septembre sur le projet de loi de finances rectificatives. Pas question de retraite pour lui. Il est toujours conseiller municipal à Boulogne où il lutte contre les projets du maire actuel Pierre-Christophe Baguet pour l’Ile Seguin. A l’initiative du projet, Fourcade considère que son bébé est défiguré par le béton.

 Photo de M. Jack RALITE, sénateur de la Seine-Saint-Denis (Ile-de-France) Jack Ralite 83 ans, (Seine Saint Denis)

 Ralite a le même prénom que Lang. Mais en 81, il n’y avait de la place que pour un seul Jack à la culture. Ralite prit donc le ministère de la santé. Pourtant la culture est la grande affaire de ce sénateur communiste depuis 1995. Ancien journaliste à l’Humanité à la rubrique culture, il fut un des premiers critiques télé. Il passait sa vie aux Buttes-Chaumont et on peut l’apercevoir comme figurant dans les drames historiques de l’époque. Il a fait toute sa carrière d’élu local à Aubervilliers. A la fin des années 90, il s’est beaucoup engagé sur la question de l’exception culturelle au moment des négociations sur le commerce international. Membre de conseil d’administration de plusieurs théâtres, là aussi le passage à la retraite ne se fera pas brutalement. 

 Photo de M. Roger ROMANI, sénateur de Paris (Ile-de-France) Roger Romani, 77 ans (Paris)

Homme de l’ombre, il a fait toute sa carrière dans le sillage de Jacques Chirac dont il fut l’adjoint chargé de la questure à la mairie de Paris. Homme de réseau, des bons et des mauvais coups politiques, il est sénateur depuis 1977.  Une connaissance du milieu qu’il mettra à profit au gouvernement comme ministre chargé des relations avec le Sénat puis du Parlement de 1993 à 1997. Ministre sous les gouvernements Balladur et Juppé, ce qui ne fut pas donné à tout le monde. Preuve de l’habileté de l’homme à ne se fâcher avec personne, ou alors que personne n’osait se fâcher avec lui. A noter que Jean-François Copé a commencé sa carrière politique comme directeur de cabinet de Romani en 1993. 

Le vote des grands électeurs: exemple dans le 77

Dimanche, auront lieu les élections sénatoriales. Le scrutin s'annonce très serré : l’assemblée pourrait pour la première fois basculer à gauche. Tout dépend du vote des grands électeurs sans étiquettes politiques. Des hommes et des femmes qui n'ont toujours pas arrêté leur choix. Un reportage en Seine et Marne de Farid Benbekai et Daniel Petitcuénot

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