Le Sénat passe à gauche

© AFP - Jacques Demarthon
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Avec 177 sénateurs la gauche a atteint la majorité absolue. Une première dans la l'histoire de la Vème République.

Par Valentine Ponsy/Daïc Audouit

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Sénatoriales: révolution de Palais

La Gauche décroche donc pour la première fois la majorité absolue au Sénat.On verra dans un instant que l'Ile de France a contribué à cette victoire historique mais d'abord l'ambiance hier soir dans les couloirs du Sénat

A sept mois de la présidentielle, le Sénat a donc basculé. Paris et l'lle de France ont eu leur mot à dire dans ce basculement de la haute assemblée : au total 53 sièges étaient à pourvoir dans la région. La gauche en occupe désormais 30.

> Voir ci-contre les résultats dans chaque département, les explications de William Van Qui

> A Paris, l'UMP fait les frais de ses divisions. Dans la capitale la liste officielle n'a obtenu que 2 sièges. Une défaite qui ravive la guerre des clans. Voir ci-contre le sujet de Didier Morel et Olivier Badin.

> Il n'y a pas qu'à Paris que la droite recule. C'est aussi le cas dans trois autres départements de la région. Le point dans le sujet de William Van Qui.

>Voir ci-contre le sujet de Daïc Audouit et Pierre Pachoud sur l'ambiance au Sénat le soir des résultats.

Dans la région le PS a gagné au total 4 sièges répartis dans les départements suivant: le Val de Marne, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, la Seine-Saint-Denis et Paris.

Première explication de ces résultats c'est l'augmentation du nombre de grands électeurs de gauche obtenu  lors des municipales de 2008, puis des cantonales et des régionales en 2010.

Pour ces élus locaux, la suppression de la taxe professionnelle ou encore la réforme des collectivités territoriales sont autant de raisons de protester contre la majorité gouvernementale.

Enfin les divisions au sein de la droite lui ont porté préjudice.

Maintenant il reste à savoir qui remportera la présidence du Sénat. La question sera tranchée samedi prochain.

Cliquer ici pour connaître tous les résultats en détails dans les 8 départements de la région 

Voir ausi notre  dossier sur les élections sénatoriales

Les objectifs de la gauche

Depuis 2004, la gauche a progressé dans les diverses élections locales. Elle compte un plus grand nombre d’élus. Ensuite elle peut profiter des divisions au centre et à l’UMP nombreuses dans la région. « Pour que le Sénat passe à gauche, il faut remporter 23 sièges supplémentaires. Si on en remporte quatre ou cinq en Ile de France, l’Ile de France aura pris sa part »  pronostique Christophe Borgel, un des monsieurs élections au PS et conseiller régional d’IDF. La gauche espère remporter des sièges dans le Val de Marne, Paris, les Yvelines, Les Hauts de Seine et la Seine Saint Denis. Cinq c’est l’objectif raisonnable. Le bonus, plus incertain, ce serait un siège supplémentaire à Paris et un autre dans l’Essonne. Le Val d’Oise et la Seine-et-Marne devraient rester stable.

Les centres au centre du scrutin

On s’est focalisé sur la désunion de l’UMP dans les Hauts-de-Seine et à Paris. Mais la division au centre semble plus intéressante. Dans la perspective de la présidentielle bien sûr. C’est un premier test de rapport de force entre Bayrou, Borloo et Morin. Faute de leadership, les candidats locaux tentent leur chance. Ainsi en Seine-et-Marne, le radical Yves Jégo allié à un Modem affronte une liste menée par un Nouveau centre. Sans conséquence à priori. En revanche dans le Val-de-Marne, le combat entre le Nouveau centre Laurent Laffon et le sénateur Modem sortant Jegou peut offrir un siège supplémentaire à la gauche. Dans les Hauts-de-Seine, Hervé Marseille (NC) et Denis Badré (Modem) se disputeront le seul siège centriste possible.  Enfin dans les Yvelines, Gérard Larcher doit affronter quatre autres listes divers droite. Avec comme conséquence un siège éventuel en bonus pour la liste d’union de la gauche menée par Catherine Tasca. Duel qui peut préfigurer celui de la présidence, Tasca s’étant portée à la candidature au perchoir pour le PS.

Les personnalités à suivre

Sont entrés au Sénat dimanche soir pour la première fois : Chantal Jouanno (elle devra démissionner de son ministère), Jean Vincent Placé, vice pdt EELV chargé des transports à la région. La socialiste Marie Noelle Lienemann relance sa carrière politique comme sénatrice de Paris. L’ancienne élue d’Athis-Mons était partie dans le Nord sans succès. Roger Karoutchi (UMP) effectue son grand retour dans une maison chère à son cœur. Serge Dassault devra attendre encore trois ans pour être le doyen de l’assemblée. On peut encore citer David Assouline pour le PS.

Les dissidents UMP Pierre Charon et Jacques Gautier et Michel Berson, socialiste, dissident dans l’Essonne, ont réussi leur pari. Robert Hue sur la liste d'Union de la Gauche dans le 95, sénateur sortant a été réélu.

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