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Paris : fin des arrêtés anti-mendicité

© France3 ile-de-France
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La préfecture de police de Paris met fin à 3 arrêtés anti-mendicité. Elle les juge inefficace.

Par Emmanuelle Hunzinger/AFP

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Interview JF Legaret, maire du 1 er arr de Paris

Interview JF Legaret, maire du 1 er arr de Paris. Il réagit à la suppression des arrêts anti-mendicité.

A la demande de la mairie de Paris, le nouveau préfet de police de Paris Bernard Boucault ne reconduit pas les arrêtés anti-mendicité, les jugeant peu efficace. Il y a un an, 3 arrêtés anti-mendicité avaient été pris sur les secteurs des Champs-Elysées, des Grands magasins et du Louvre.

Cette décision -qui vise particulièrement les Roms- divise élus de droite et de gauche.

L'adjointe PS chargée de la sécurité Myriam El Khomri a ainsi demandé au préfet mercredi de ne pas renouveler ces arrêtés "non pas par dogmatisme stérile ni pas angélisme mal placé", mais "par souci constant d'efficacité".

Elle a demandé "un bilan quantitatif et qualitatif de l'impact de ces arrêtés anti-mendicité" et reste "convaincue que la conséquences de ces arrêtés est le déplacement de la misère d'une rue à une autre".

La préfecture de police a admis que ces arrêtés avaient dans un premier temps fait diminuer les "nuisances" et les "délits" associés à "certaines formes de mendicité" mais ils ont très vite trouvé leur limite et leur inefficacité.

La mendicité est actuellement verbalisée 38 euros, et si le contrevenant "récidive", il peut être amené à être reconduit dans son pays pour motif de "trouble à l'ordre public".

« On a fait des études qui montrent que le taux de paiement des amendes est proche de 0, la sanction est très peu incitative et il y a eu des évolutions juridiques qui nous poussent à repenser nos reconduites à la frontière », a ensuite expliqué M. Lerner, le directeur adjoint de la préfecture de police de Paris. Par exemple un Roumain- citoyen de l'Union européenne- reconduit dans son pays "se retrouve à nouveau trois jours après sur le Champs Elysées".

Pour l'année 2011, la préfecture de police a ainsi reconduit 250 Roumains pour toute la capitale mais sur les zones des arrêtés cela n'a concerné qu'une trentaine de personnes.

Quant à celles placées en rétention avant leur expulsion, a ajouté M. Lerner, "lorsqu'elles contestent les décisions devant le tribunal administratif, celui-ci leur donne quasi-systématiquement raison".

Une décision qui divise la droite et la gauche

Le ministre de l'Intérieur de l'époque Claude Guéant avait jugé ces arrêtés "utiles" tandis que le maire PS de Paris avait dénoncé une mesure stigmatisante.

Le maire UMP du Ier arrondissement, Jean-François Legaret que couvrait partiellement un des arrêtés a souhaité que "la fin des arrêtés ne coïncide pas avec une recrudescence brutale" de la mendicité.

Le patron de la fédération UMP de Paris et maire du XVe Philippe Goujon, qui en avait réclamé un dans son arrondissement, a regretté que "le préfet de police, pour des raisons sans doute idéologiques, cédant à la pression du maire de Paris, prive la police et la justice d'un outil qui pouvait permettre de s'opposer à la mendicité agressive et contribuer au démantèlement des réseaux mafieux".

M. Lerner a justement rappelé que "l'objectif prioritaire" est "l'accélération des affaires de démantèlement des réseaux et la mise hors d'état de nuire des bénéficiaires de ces trafics".

M. Boucault va organiser une réunion au parquet "pour faire le point des affaires en cours", et il se rendra en Roumanie "dès la rentrée prochaine" pour y rencontrer les autorités policières.

Ecoutez le maire UMP  du 1er arr de Paris, Jean-François Legaret, il réagit à la fin des arrêts anti-mendicité.

Reportage Michèle Rey et Frédérique Bobin.

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