PSA : la direction a tranché

Le constructeur automobile va supprimer 1.900 postes en France et se séparer de plus de 2.000 collaborateurs externes.

Par Isabelle Audin

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L'avenir de PSA à la Garenne, Velisy et Melun

Plusieurs centaines de salariés de PSA Peugeot Citröen ont manifesté aujourd'hui devant le siège du groupe. D'après les syndicats plus de 4 000 postes vont êtresupprimés l'an prochain en France.

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L'avenir du site d'Aulnay incertain

Officiellement, l'avenir du site d'Aulnay en Seine Saint Denis, n'était pas à l'ordre du jour, mais les inquiétudes sont grandes, surtout depuis la publication en juin d'une note de travail évoquant une possible fermeture de l'usine. Alexandra Marie et Mathieu Caillaud.

Plan de licenciement sec à Melun, suppression de postes à Velizy et La Garenne-Colombes, la direction de PSA a rendu aujourd'hui son plan de restructuration. Aulnay n'était pas à l'ordre du jour.

La direction de PSA Peugeot Citroën a détaillé aujourd’hui, lors du Comité central d’entreprise au siège à Paris devant lequel plusieurs centaines de salariés (600 selon la CGT) s'étaient rassemblés.

PSA Peugeot Citroën, qui avait annoncé fin octobre un plan d'économies pour 2012, va supprimer 1.900 postes dans le groupe en France et se séparer de plus de 2.000 collaborateurs externes, principalement dans la recherche et le développement, un secteur que le constructeur veut "optimiser".

Les suppressions de postes dans le groupe vont toucher la production (1.000 postes),

la R&D (500) et le reste dans d'autres directions (marketing, etc.).

"Il n'y aura ni licenciements, ni plan de départs volontaires", a indiqué la direction

qui mise sur des départs en retraite non renouvelés et de la reconversion en interne.

Le détail par site n'a pas été dévoilé. Il pourrait l'être lors du prochain comité central d'entreprise mi-décembre.

L'avenir des sites d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), objet de préoccupations depuis des mois, n'était pas à l'ordre du jour.

Des usines ont déjà été mises au chômage partiel et les contrats de 300 intérimaires à Aulnay (Seine-Saint-Denis) ne seront pas renouvelés. Tout ceci a pesé sur le chiffre d'affaires de sa branche automobile au troisième trimestre, qui a reculé de 1,6 % à 9,3 milliards d'euros au troisième trimestre.

Selon les syndicats, la recherche et le développement payent un lourd tribut à
ce plan d'économies avec au total environ 2.000 postes supprimés, soit parmi le
personnel du groupe (500 postes), soit parmi des "bureaux extérieurs" (1.600 postes).

Les sites de recherche et développement du groupe sont situés en France essentiellement
à Sochaux (Doubs), Velizy (Yvelines) et La Garenne (Hauts-de-Seine).

La moitié (2 500) au sein de bureaux d'études extérieurs, des sous traitants en Recherche et développement. Premiers visés selon nos interlocuteurs : les bureaux de Velizy et la Garenne en région parisienne.

Par ailleurs 1800 postes environ seront supprimés dans les directions recherche industrie et marketing dans une moindre mesure.
La direction compte également sur un millier de départs en retraite non renouvelés, en un an, dans différents services."

Fin octobre, PSA avait également annoncé vouloir mettre fin aux contrats de 800 intérimaires d'ici fin 2011, sans préciser sur quels sites.
Jean-Pierre Mercier (CGT) a aussi annoncé que 70 licenciements secs auraient lieu
à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne), un site de pièces détachées dont PSA
a décidé la fermeture. Des mesures d'aides au départ et de reclassement vers des
sites d'autres départements ont été mises en place, mais certains salariés ont
refusé cette mobilité forcée.

 Ci-contre reportage d'Alexandra Marie et de Matthieu Caillaud

Communiqué de la CGT

Le détail du plan de licenciement de PSA.

I ) Plan de licenciement sec à Melun avec fermeture du site.

67 travailleurs, détails ci-dessous. Il faut remonter à plus de 20 ans (1993 à PSA Aulnay) pour voir un plan de licenciement sec à PSA.

Site PSA de 700 salariés en 2008.

Avril 2010 annonce de la fermeture de Melun. Malgré tout PSA affirme qu'il tient ses engagements de ne pas fermer de site en France car Melun n'est pas un site de production mais un dépôt de pièces détachées.

Octobre 2011 : les 180 ouvriers restant sur le site reçoivent un recommandé pour des mutations forcées.

60 ouvriers résistent et PSA décide de leur donner le coup de grâce en mettant en place un plan de licenciement sec.

II) Sur les 6 800 emplois supprimés 5 000 en France :

1900 en production : 1000 CDI + 800 intérimaires + 100 prestataires.

3100 hors production : 900 CDI + 2 200 prestataires.

Les 1900 CDI partiront avec la GPEC c'est à dire essentiellement de l'auto-licenciement.

Les 3 100 prestataires/intérim : retour forcé à la case pôle emploi.

III) le secteur de la Recherche & Développement est le plus touché avec 1 600 prestataires (

Velizy – 600 postes,

La Garenne – 400 postes,

et sur tous les autres sites – 200).
Il faut ajouter 500 CDI. Donc au total 2100 emplois !

Dans le même temps, la direction accélère le développement des centres de R&D à Shanghai et São Paulo et probablement en Inde.

La CGT dénonce ce plan de suppression d'emplois.

Avec le plan de licenciements secs de Melun et le plan de départ volontaire qui se résume à de l'auto-licenciement, les promesses de M. Varin, PDG du groupe, l'homme qui touche 9 000 € par jour samedi et dimanche compris volent en éclats.

Très clairement, PSA fait une véritable saignée dans les effectifs.

C'est pour ces raisons que des centaines de salariés de PSA Aulnay se sont mobilisés pour protester contre cette hémorragie et pour obtenir des engagements écrits sur le maintient de tous les emplois à Aulnay.

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