"Le compagnonnage, c’est surtout un partage de connaissances"

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Écrit par PDB

Les Compagnons du Devoir organisent leurs journées portes ouvertes à partir du vendredi 14 janvier. On trouve trois "maisons" en Île-de-France : Paris, Pantin et Champs-sur-Marne.

Ils forment des centaines de jeunes aux métiers de l’artisanat en Île-de-France. Les Compagnons du Devoir lancent leurs journées portes ouvertes vendredi. Maçons, charpentiers, tailleurs de pierre, serruriers, carreleurs, plombiers, électrotechniciens, carrossiers, chaudronniers, charcutiers, vignerons, maroquiniers, ou encore maréchaux-ferrants… Le compagnonnage regroupe au total plus de 30 métiers. Explications avec Quentin Bournazel, prévôt de la maison de Paris, et mécanicien de formation.

Qu’est-ce qu’un Compagnon ?

Quentin Bournazel : C’est un homme ou une femme d’un métier de l’artisanat qui effectue un apprentissage, suite auquel il décide de partir sur le "Tour de France". Pendant plusieurs années, il change de ville et d’entreprise. Suite à ce voyage initiatique, il réalise un "travail de réception", un chef-d'œuvre, qui lui permet d’avoir un statut de Compagnon.

Le compagnonnage, c’est surtout un partage de connaissances, et la vie en communauté. C’est apprendre et transmettre ce que l’on a appris. C’est aussi pour ça que le compagnonnage existe depuis si longtemps. Et les métiers de l’artisanat apportent de nombreuses perspectives d’avenir, qu’on n’imagine pas forcément au début. Beaucoup de jeunes, qui ont commencé en tant qu’apprentis, tiennent aujourd'hui des postes à responsabilité dans des entreprises. Ça donne une chance d’évoluer dans la vie.

Où sont présents les Compagnons en Île-de-France ?

On compte trois grandes maisons en Île-de-France. Il y a la maison de Paris, à proximité de l’Hôtel de ville. On y forme la menuiserie, la charpenterie, la chaudronnerie, la boulangerie, la pâtisserie et la charcuterie. Nos ateliers sont dans des pôles extérieurs. Il y a également la maison de Pantin (Seine-Saint-Denis), où l’on forme les cordonniers, les bottiers, les tapissiers, les celliers, les maroquiniers, les plombiers et les serruriers-métalliers. Il y a enfin la maison de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), avec des formations pour les couvreurs et les tailleurs de pierre.

Aujourd’hui, on compte 1200 apprentis en Île-de-France. Ça concerne les jeunes de 15-16 ans, ceux qui effectuent leur Tour de France, et des personnes en reconversion professionnelle.

Le compagnonnage est une institution ancienne. Comment a-t-elle évolué jusqu’à aujourd’hui ?

D’abord, les Compagnons n’ont pas toujours été une association de loi 1901 : c’est le cas depuis 1941. Autre évolution : les Compagnons ont accepté de nouveaux métiers. On peut citer les électriciens, les plombiers, les carrossiers et les mécaniciens. Aussi, les femmes sont acceptées au sein des Compagnons, depuis 2006. Historiquement, les origines remontent au moins au XVe siècle. On parle souvent de la construction des cathédrales.

Tour de France, vie en communauté… Dans le contexte de crise sanitaire, comment le compagnonnage s’est-il adapté ?

Comme tout le monde, la crise nous a freinés dans notre élan. Aujourd’hui, on permet toujours de faire le Tour de France, et les choses se sont adaptées dans nos maisons pour assurer la sécurité des jeunes. On a toujours réussi à assurer les formations à l’atelier. Et on effectue des plans d’action sanitaire, notamment pour les journées portes ouvertes qui arrivent.

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