Montreuil : sept agents accusent la municipalité de harcèlement

Les sept personnes qui ont déposé plainte sont quasi tous en arrêt maladie pour dépression ou surmenage. / © France 3 IDF/A. Joudi
Les sept personnes qui ont déposé plainte sont quasi tous en arrêt maladie pour dépression ou surmenage. / © France 3 IDF/A. Joudi

Harcèlement moral, discrimination, mise au placard...sept agents ou ex-agents de la municipalité de Montreuil ont déposé plainte hier contre la mairie et plusieurs cadres de la ville. 

Par AL

C'est après une réorganisation du service jeunesse de la municipalité de Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 2015 que la situation s'est dégradée. "Pour certains, ça va être des incivilités à caractère vexatoire, des mises au placard, des mutations de postes arbitraires, des rétrogradations de poste... raconte Me Lucie Mongne, avocate des plaignants. Tout ça dans le but de les évincer de leurs missions." Deux des plaignants accusent aussi un cadre de "discrimination raciale" à leur encontre, en lui reprochant des propos et réflexions discriminatoires.

Au fur et à mesure, tous les agents partent en arrêt maladie pour dépression ou surmenage. Aujourd'hui encore, ils sont nombreux à ne plus travailler. "Ils sont dans une situation psychologique compliquée, explique leur seconde avocate Audrey Diallo-Missoffe. Ce qui est très important pour eux c'est d'être reconnus en qualité de victimes par la justice, qu'un juge indépendant leur dise "oui ce que vous avez vécu n'est pas normal"." 

La municipalité "ouverte au dialogue"

Patrice Bessac, élu PCF de Montreuil reconnaît des "erreurs" et des "moments difficiles". "Le passage devant les tribunaux, c'est forcément un échec, avoue-t-il. Mais ce que je veux retenir, c'est qu'aujourd'hui, il y a une nouvelle dynamique et je crois qu'il y a de la place pour tout le monde. La ville est ouverte au dialogue pour trouver de bonnes solutions pour tous". 
 
Selon l'opposition, les élus avaient pourtant été prévenus. En décembre 2017, Murielle Mazé, élue d'opposition, prend la parole lors du conseil municipal pour évoquer la situation de ces agents. "J'ai pesé mes mots lors de ce conseil municipal, se souvient-elle. Il fallait que les choses soient dites. Il y a quand même eu une tentative de suicide... Et depuis omerta...rien !"


 

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