Négociations tendues entre Île-de-France Mobilités et la SNCF avant de signer leur nouveau contrat

Valérie Pécresse, présidente d’IDF Mobilités, et Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien en juin 2018 (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP
Valérie Pécresse, présidente d’IDF Mobilités, et Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien en juin 2018 (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP

Alors qu’IDF Mobilités et la SNCF sont censés conclure prochainement leur nouveau contrat, chiffré à plus de 12 milliards d’euros, les négociations patinent.
 

Par PDB / BL / France 3 PIDF

Bras de fer tendu entre IDF Mobilités et la SNCF. Offre de trains, services en gare, programmes d’investissement à venir… Alors que le syndicat des transports d’Île-de-France et le groupe ferroviaire doivent prochainement signer leur nouveau contrat pour les quatre prochaines années à venir, les négociations s'avèrent particulièrement tendues. Une source proche du dossier parle même d’un « constat d’échec » et de « point de non-retour » :

« Avec les municipales, qui sont synonymes de latence au niveau d’IDF Mobilités, le contrat risque d’être mis entre parenthèses pendant plusieurs mois. Il pourrait potentiellement être reporté jusqu’à juin prochain. Six mois sans contrat, ça serait une première et ça serait catastrophique. »

« Pour l’instant, on trouve que le compte n’y est pas »

Sans signature d’ici la fin de l’année, le système basculerait « au 12e » : le système de financement se ferait ainsi mois par mois, en se basant sur les chiffres de l’ancien contrat, non réévalués. Ce qui, forcément, poserait de réels problèmes du côté des investissements à lancer. Les trains, eux, continueraient de circuler normalement.

De son côté, IDF Mobilités tempère : « Les négociations ne se passent pas très bien mais on reste confiant, on prendra le temps nécessaire. Pour l’instant, on trouve que le compte n’y est pas étant donné nos exigences. Ça concerne aussi bien les niveaux de bonus-malus, que les niveaux de ponctualité des trains qu’on demande par exemple. On estime que la SNCF est un grand groupe capable de monter en productivité avec moins d’argent public, en ciblant et en maîtrisant mieux ses coûts. »

Alors qu'IDF Mobilités se dit « ferme » et annonce ne « pas être prêt à signer n’importe quoi », sans toutefois parler de coup d’arrêt, les tensions feraient « partie de la vie classique des négociations » d'après l'autorité. Illustration du bras de fer : la SNCF demande un financement supplémentaire important pour la maintenance des nouveaux matériels trains, au niveau technologique et d’expertise supérieur mais pourtant « vendus » jusqu’ici par le groupe comme un moyen de faire reculer le nombre de pannes et ainsi faire des économies. Les 200 millions d'euros réclamés à ce titre par Transilien sont totalement hors de propos pour IDF Mobilités. C'est l'un des nombreux points de blocage actuels.

3 milliards d’euros par an pour le contrat actuel

De son côté, la SNCF ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet, expliquant que les discussions se poursuivent et doivent demeurer confidentielles. Il faut dire que la SNCF joue gros : le contrat en Île-de-France est le plus important pour le groupe ferroviaire, tous clients confondus. En comptabilisant à la fois la partie fonctionnement et la partie investissement, le dernier s’élevait à 12 milliards d’euros environ, sur quatre ans. Et celui est d'autant plus important que c'est l'un des derniers signés avant ouverture à la concurrence de ses lignes, qui se fera progressivement (les dates diffèrent selon le type de ligne, RER ou Translien pur).

Les tensions lors des négociations de ce type de contrat sont monnaie courante. La dernière négociation de ce type, fin 2015, s'est soldée par une signature in extremis fin décembre. Les négociateurs en chef, Valérie Pécresse d'un côté et Alain Krakovitch de l'autre, ne se sont pas encore directement impliqués dans les discussions en cours, preuve qu'elles sont loin d'être achevées. D'après plusieurs sources, il semble d'ores et déjà acsquis que rien ne sera signé avant février.

L'an prochain, c'est la RATP qui devra ferrailler avec son plus gros client.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus