1er-Mai : des manifestants s’introduisent dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le gouvernement parle d’une “attaque”

L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris (illustration) / © AFP
L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris (illustration) / © AFP

Mercredi, des manifestants ont pénétré dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, en marge du cortège parisien du 1er-Mai. Alors que Christophe Castaner décrit une « attaque » menée par des « black blocs », plusieurs témoignages mettent la responsabilité sur la police.

Par France 3 Paris IDF

A-t-on frôlé la « catastrophe » ? Selon la direction de l’hôpital parisien, quelques dizaines de manifestants du 1er-Mai – dont le parcours du cortège intersyndical passait à proximité du site – se sont introduits mercredi dans l'enceinte de l’établissement.

Martin Hirsch, le directeur de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), explique qu’au cours de l’intrusion certains participants ont tenté d’entrer dans un service de réanimation : « Plein soutien aux équipes de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui ont fait face à une bande de manifestants/casseurs dans une tentative d’intrusion violente dans le service de réanimation chirurgicale ! Et qui ont empêché la mise en danger de patients. »
Toujours d’après Martin Hirsch, qui a annoncé par ailleurs la volonté de porter plainte de la part de l'AP-HP, des personnels présents au moment des faits ont tenu la porte en criant pour signaler la présence de patients, et éviter un possible accident. « On est passé au bord de la catastrophe », a-t-il même confié à nos confrères de Franceinfo.
 

Une « attaque » selon Castaner, une tentative de fuir les gaz lacrymogènes d’après certains manifestants

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner parle, lui, d’une « attaque » menée par des dizaines de « black blocs », qui auraient tenté de pénétrer par la sortie de secours.

Mais alors qu’Agnès Buzyn s’est rendue sur place ce jeudi en fin de matinée, l’enquête doit encore déterminer les circonstances précises des faits. « Il y a peut-être des personnes qui se sont réfugiées » face aux gaz lacrymogènes, a notamment précisé la ministre de la Santé.
Selon certains manifestants, l’incident serait la conséquence du dispositif policier, boulevard de l'Hôpital : les nombreux gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre auraient poussé des personnes désorientées et suffocantes à se mettre à l’abri.
 

« Il y a peut-être eu plusieurs vagues »

D’après un témoignage rapporté par le journaliste indépendant David Dufresne, les manifestants « voulaient se réfugier parce qu'une colonne de CRS arrivait par le haut du boulevard ».
Reste toutefois à savoir si les témoignages rapportés et les vidéos relayées concernent bel et bien les mêmes individus décrits comme violents par la direction de l’hôpital et le gouvernement. Selon Agnès Buzyn, « il y a peut-être eu plusieurs vagues » de personnes vers l’établissement.
 

« C'est la faute des CRS, ils sont venus, ils ont pris en tenaille »

Nos confrères de Franceinfo ont par ailleurs publié les images de la scène tournées par un membre du personnel de l'hôpital, depuis le service de réanimation.

On aperçoit un mouvement de foule et un groupe de manifestants se précipiter dans l'enceinte du site afin d’apparemment fuir la police. Une vingtaine d’entre eux tentent d’entrer dans le service, mais le personnel bloque la porte.

Une fois les manifestants repartis, on entend un membre du personnel commenter : « C'est la faute des CRS, ils sont venus, ils ont pris (NDLR. Les manifestants) en tenaille, la seule issue, c'était ici… Ils ont pris peur, ils ont juste pris peur ! (...) Ils ne savaient pas que c'était la réa. »

En tout, une trentaine de personnes ont été interpellées d’après le parquet.

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