35 heures à l'AP-HP: les grévistes installent un hôpital de fortune à Paris

Un hôpital de fortune a été installé rue de Rivoli pour dénoncer le projet de réorganisation du temps de travail. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Un hôpital de fortune a été installé rue de Rivoli pour dénoncer le projet de réorganisation du temps de travail. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Montrer "nos conditions de travail": plusieurs centaines d'agents de l'Assistance-Publique Hôpitaux de Paris, en grève, ont installé jeudi un hôpital de fortune rue de Rivoli pour dénoncer le projet de réorganisation du temps de travail porté par le directeur général Martin Hirsch.

Par EB

A l'appel de l'intersyndicale (CGT, SUD, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC et Unsa), plusieurs centaines de personnes s'étaient d'abord rassemblées devant le siège de l'AP-HP, avenue Victoria (IVe arrondissement),  la direction recensant de son côté 8,66% de grévistes à la mi-journée.

Un hôpital de fortune a été installé rue de Rivoli
"Nous avons décidé de ne pas suivre l'itinéraire prévu mais d'installer un hôpital de campagne afin de montrer les conditions dans lesquelles on travaille", a annoncé un représentant syndical de SUD Santé. Tentes contenant un brancard, fauteuils médicaux et tensiomètres usagés ont ainsi agrémenté la rue de Rivoli, à proximité de l'Hôtel de ville et du siège de l'AP-HP.

Le projet de réforme des 35 heures de l'AP-HP ne passe pas
Dans leur ligne de mire, le projet de réforme des 35 heures visant les 75.000 agents (hors médecins) des 39 établissements de l'AP-HP, annoncé au printemps par Martin Hirsch, et qui permettrait selon lui "d'économiser plus de 20 millions d'euros" et de "sauver 4.000 emplois par an". Il s'agit notamment de réduire les plages journalières des agents, qui travaillent majoritairement 7h36 ou 7H50 par jour, à 7h30, un rythme qui entraînerait la perte de trois RTT par an, et d'autres jours de congés propres à l'AP-HP, selon les syndicats.

"On en a marre qu'on touche à nos acquis sociaux", résume Ludivine Dieudonné, infirmière en blouse blanche. Une autre, employée au service cancérologie digestive de l'hôpital Georges-Pompidou, a un temps de travail de 7h36, mais explique travailler en réalité entre 8h30 et 9h00. "On n'a même pas le temps de manger. On fait systématiquement des heures supplémentaires"". en 15 ans, les conditions de travail n'ont fait que se dégrader. On avait en charge 6 à 8 patients, maintenant c'est 8 à 12 et parfois même 14" poursuit-elle.

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