Avec 700 enfants et leur famille à la rue chaque nuit à Paris, 12 associations tirent la sonnette d’alarme

Une famille sans-abri marche dans la nuit à Paris, boulevard de Magenta (illustration). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Une famille sans-abri marche dans la nuit à Paris, boulevard de Magenta (illustration). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Alors que 700 enfants dorment dans la rue avec leurs parents chaque soir dans la capitale, que 20 000 mineurs vivent à l'hôtel avec leur famille en région parisienne, 12 associations publient ce mercredi un manifeste pour réclamer l'ouverture en urgence de places d'hébergement.
 

Par PDB / France 3 PIDF / AFP

Tandis qu’une étude révélait lundi que près de 300 sans-abri vivent chaque jour dans le métro parisien, 12 associations souhaitent alerter les autorités et l’opinion sur la situation des mineurs SDF dans un manifeste commun publié ce mercredi. La Fédération des acteurs de la solidarité, la Fondation Abbé Pierre, le Samusocial de Paris ou encore Unicef France… D’après les signataires, 700 enfants dorment chaque soir dans la rue avec leurs parents dans la capitale.
« En France, des milliers d'enfants sont à la rue ou dans des hébergements précaires », dénonce le manifeste à l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfant, tout en pointant du doigt une « dégradation de la situation des femmes et des familles avec enfants à la rue ou vivant dans des habitats précaires ». Et de poursuivre : « Cette situation indigne de la France, 6e puissance économique mondiale et signataire de la Convention internationale des droits de l'enfant, provoque des drames ».

En Seine-Saint-Denis – département le plus pauvre de France métropolitaine, 160 enfants se retrouvent chaque soir sans solution d'hébergement, tandis que 5 000 enfants sont hébergés à l'hôtel, dont la moitié sont âgés de moins de 3 ans.

« Trop souvent, des femmes venant d'accoucher sont remises à la rue avec leur nouveau-né »

Sur l’ensemble de l’Île-de-France, 20 000 mineurs vivent à l'hôtel avec leur famille, « dans une situation de précarité extrême », faute d'hébergement pérenne et d'accès au logement, selon les associations.
« Trop souvent, des femmes venant d'accoucher sont remises à la rue avec leur nouveau-né », dénonce par ailleurs le manifeste. Le 25 mars dernier par exemple, un bébé d'un jour est mort dans la rue en Seine-Saint-Denis. Le 4 novembre à Paris, une femme demandeuse d'asile à la rue alors enceinte de jumeaux a perdu un de ses bébés, après un accouchement d'urgence à seulement cinq mois de grossesse.

Depuis le début de l'année, huit mineurs sont morts dans la rue, selon le Collectif des morts de la rue. Face à cette « crise humanitaire », les signataires du manifeste réclament à l'État et aux départements de lancer un plan d'urgence d'ouverture de places d'hébergement pérennes et de logements accessibles. « La République a le devoir de garantir un avenir à tous ses enfants et la pleine effectivité de leurs droits », signent ainsi les associations.
 

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