Affaire Halimi : une plainte déposée après la création d’un groupe Facebook en soutien au meurtrier

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) a annoncé le dépôt d’une plainte pour "apologie de crime", en réaction à la création d’un groupe Facebook intitulé "Comité de soutien à Kobili Traoré", jugé irresponsable pénalement.

Une pancarte brandie lors d’une manifestation en hommage à Sarah Halimi, pour demander la tenue d’un procès, place de la République à Paris le 5 janvier dernier.
Une pancarte brandie lors d’une manifestation en hommage à Sarah Halimi, pour demander la tenue d’un procès, place de la République à Paris le 5 janvier dernier. © CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/Newscom/MaxPPP

"Ecœuré". Me Franck Serfati, l'avocat qui défend le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA), confirme à France 3 Paris IDF le dépôt d’une plainte ce lundi auprès du parquet de Paris, suite à l’apparition d’un groupe Facebook en soutien au meurtrier de Sarah Halimi. Le 4 avril 2017, cette sexagénaire de confession juive a été longuement rouée de coups puis défenestrée par son voisin, ce dernier criant "Allah akbar" à de multiples reprises au cours des faits, qui ont eu lieu dans le XIe arrondissement.

En décembre 2019, la cour d'appel de Paris a conclu à l’irresponsabilité pénale de l’auteur des faits. Une décision confirmée par la Cour de cassation le 14 avril dernier. De quoi provoquer une vague d’indignations, après ce crime à caractère antisémite.

"L’association a été alertée par des personnes choquées en découvrant ce groupe effrayant", explique Me Franck Serfati. Le groupe Facebook, qui affichait selon sa description vouloir "défendre" l’auteur du meurtre de Sarah Halimi, l’individu étant présenté comme un homme "persécuté". A noter que le groupe, certes "public" et visible de tous,  rassemblait 34 membres.

"Une troisième injustice, après le crime et l'absence de procès"

Me Franck Serfati souligne le contexte, sensible : "La communauté juive, et pas seulement heureusement, est aujourd’hui en émoi. L’affaire est très sensible. La décision judiciaire n’a pas été pleinement comprise, il reste des zones d’ombre et d’incompréhension." Dimanche 25 avril, une manifestation a ainsi rassemblé des milliers de personnes sur la place du Trocadéro, pour "demander justice" pour Sarah Halimi.

Le criminel est présenté comme une victime

Me Franck Serfati, l'avocat du BNVCA

"Ce groupe Facebook transforme l’ordre judiciaire et vient inverser les statuts, le criminel est présenté comme une victime. Même si Kobili Traoré ne sera pas jugé, pour des questions de pure forme, il est complètement coupable, les élements caractéristiques sont réunis au plan matériel et moral", pointe Me Franck Serfati, qui évoque "une troisième injustice, après le crime et l'absence de procès". Alors que la plainte concerne une "apologie de crime", l’avocat explique que "trouver la qualification de la plainte n’a pas été évident, mais il ne fallait pas laisser faire".

"Ça vaut aussi comme signalement auprès de l’autorité judiciaire", précise Me Franck Serfati, qui annonce également "une demande de fermeture administrative". Selon Le Parisien, le groupe Facebook n’est plus accessible publiquement depuis dimanche après-midi.

A noter par ailleurs que la mairie de Paris a annoncé qu’une rue porterait le nom de Sarah Halimi, en hommage à la victime.

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