Des affiches dans les rues de Paris pour se souvenir des enfants juifs déportés

Une plaque, un nom et une adresse. Des affiches ont été collées cette nuit en la mémoire des enfants juifs déportés. / © BERTRAND GUAY / AFP
Une plaque, un nom et une adresse. Des affiches ont été collées cette nuit en la mémoire des enfants juifs déportés. / © BERTRAND GUAY / AFP

Des militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont collé dans la nuit de dimanche à lundi environ 1.500 affiches sur des portes d'immeubles à la mémoire des enfants juifs parisiens déportés pendant la Shoah en ce 75 ième anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz-Birkenau.

Par EH/AFP

Ici au 20 rue des Ecouffes, vécurent Glik Nathan 16 ans, Rubin Germaine 6 ans, Rubin Jeannette 12 ans... Victimes de la barbarie nazie, ils furent déportés parce que juifs pendant la Shoah entre 1942 et 1944. Passant, souviens-toi de leur nom

peut-on lire  sur une affiche dans le 4e arrondissement. Pour Noémie Madar la présidente de l'UEJF, "il s'agit de pouvoir transmettre la mémoire de la Shoah".
"En collant des plaques rendant hommage aux enfants raflés à Paris pendant la Shoah, nous souhaitons faire comprendre aux Parisiens que derrière les chiffres, ce sont des hommes et des femmes qui ont été raflés en bas de chez eux. Ce travail de mémoire est nécessaire pour que l’oubli ne permette pas à la parole de haine raciste et antisémite de se développer de nouveau, 75 ans après l’horreur.

 

Une centaine de militants a participé au collages. D'autres auront lieux cette semaine. L'UEJF a affirmé s'être fondée sur le travail de recensement des époux Klarsfeld, qui ont répertorié les noms et les adresses de ces enfants, transposé sur une carte interactive par un historien en 2012. Entre 1942 et 1944, plus de 6000 enfants ont été arrêtés à Paris.

Ce sont des noms et des prénoms qui prennent vie, c'est important dans un moment de recrudescence des actes antisémites et de libération de la parole de haine,

selon la présidente de l'UEJF.

Augmentation des menaces antisémites

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur publiés dimanche, les faits à caractère antisémite ont augmenté en 2019, passant à 687 contre 541 l'année précédente, soit une augmentation de 27%. Une hausse qui s'explique exclusivement
par l'augmentation des menaces, à hauteur de 50% par rapport à 2018, les actions ayant quant à elles
diminué de 15%.
 

 
La ville de Montreuil doit apposer demain mardi 28 janvier une plaque en hommage aux enfants juifs disparus dans les camps de la mort sur l'école élementaire Paul Bert. 5 élèves sont morts en déportation à Auschwitz-Birkenau entre 1942 et 1944. Pour l'équipe pédagogique de l'école Paul-Bert, cette pose de plaque constitue le point de départ d'un travail de mémoire qui se poursuivra jusqu'à la fin de l'année scolaire.
A Montreuil, environ 500 juifs ont été déportés dont 150 enfants selon les archives municipales.
 

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