Anne Hidalgo : "Nous sommes déjà dans le dépassement des partis politiques"

La maire de Paris a fait le déplacement deux jours à Bordeaux dans le cadre du 93e bureau de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). A un an de l'élection présidentielle, l’élue socialiste a été accueillie par le maire écologiste Pierre Hurmic.

La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV), à l’occasion du 93e bureau de l'Association internationale des maires francophones (AIMF), le 22 mars à Bordeaux.
La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV), à l’occasion du 93e bureau de l'Association internationale des maires francophones (AIMF), le 22 mars à Bordeaux. © EPA/MAXPPP

Si elle ne s'est pas encore officiellement déclarée candidate à la présidentielle, Anne Hidalgo semble en tout cas multiplier les contacts au-delà de la capitale. Présente pendant deux jours en Gironde pour participer au 93e bureau de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), l’élue socialiste a été accueillie par Pierre Hurmic, le maire EELV de Bordeaux.

Au cours d’un entretien accordé à nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine, lundi soir depuis l’hôtel de ville de Bordeaux, Anne Hidalgo a souligné la présence de "maires de tous les continents, dont beaucoup de maires africains" : "C’est un symbole, c’est une façon de dire que partout en France et dans le monde, les maires sont des responsables qui portent des politiques à l’échelle locale mais qui sont capables aussi de penser à des enjeux globaux." L’élue a ainsi cité la question du changement climatique et celle de l’économie sociale et circulaire.

"Si nous ne nous faisons rien, on risque un crash démocratique"

La maire de Paris vient de lancer sa plateforme "Idées en commun", réunissant dans la perspective de 2022 de nombreux élus socialistes comme Martine Aubry ou François Rebsamen. Un dispositif de pré-campagne ? "C’est un dispositif qui vise d’abord à créer une offre politique nouvelle, répond Anne Hidalgo. On est dans une situation très compliquée, la pandémie n’a rien arrangé. Si nous ne faisons rien, si nous ne nous mettons pas à discuter, à proposer, à nous projeter dans l’avenir, on risque un crash démocratique, et la possible élection de l’extrême-droite dans notre pays."

Nous sommes là pour résoudre les problèmes du quotidien de nos concitoyens, mais nous sommes aussi déjà dans le dépassement des partis politiques.

Anne Hidalgo

"Pour éviter ça, il faut que la démocratie respire, poursuit l’édile. Je pense qu’elle peut respirer à partir de nos territoires, nos villes, nos élus locaux, qui sont toujours très mobilisés. Nous sommes là pour résoudre les problèmes du quotidien de nos concitoyens, mais nous sommes aussi déjà dans le dépassement des partis politiques."

Un vaccinodrome à la Bourse du Commerce ?

Anne Hidalgo dit par ailleurs soutenir la tribune récemment signée par une dizaine de présidents de région de droite comme de gauche, appelant à un maintien des élections régionales en juin prochain, contre la perspective d’un éventuel nouveau report.

"Je pense qu’il faut absolument maintenir les élections, explique la maire de Paris. D’abord parce qu’on ne peut pas confiner la démocratie. Par ailleurs beaucoup de pays autour de nous ont eu des élections, y compris présidentielles, qui ont été conduites et organisées pendant cette période de pandémie. Il faut évidemment prendre toutes les précautions mais on est capable de le faire."

Concernant la crise sanitaire, Anne Hidalgo a d’ailleurs annoncé ce mardi avoir proposé à l'Agence régionale de santé d'installer un vaccinodrome à la Bourse du Commerce, dans le centre de la capitale. Dimanche, l'élue avait proposé de "débrider" la vaccination afin de "l'ouvrir à tous" ceux qui le souhaitent. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait répondu en pointant du doigt "le nombre de doses".

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