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“Bionic Showgirl” : la performeuse Viktoria Modesta, amputée d’une jambe, star du Crazy Horse

"Bionic Showgirl" avec Viktoria Modesta, du 3 au 16 juin au Crazy Horse. / © J.-L. SERRA / FRANCE 3 PARIS IDF
"Bionic Showgirl" avec Viktoria Modesta, du 3 au 16 juin au Crazy Horse. / © J.-L. SERRA / FRANCE 3 PARIS IDF

C’est un spectacle hors-norme au Crazy Horse : avec "Bionic Showgirl", la performeuse britannique Viktoria Modesta dévoile ses prothèses futuristes et bouscule les conventions du 3 au 16 juin. L’occasion de porter un nouveau regard sur la féminité.

Par J.-L. SERRA / FRANCE 3 PARIS IDF

Un regard décomplexé sur le nu et la beauté. Avec ses prothèses de jambe futuristes, Viktoria Modesta transforme son handicap en force. Amputée de la jambe gauche, la performeuse britannique est l’invitée du Crazy Horse dans le spectacle Bionic Showgirl début juin, qui met en avant sa beauté altérée.

« Je suis l’architecte de mon corps »

On ne va pas se le cacher : lorsque nous sommes arrivés au Crazy Horse pour assister à une répétition du spectacle Bionic Showgirl avec Viktoria Modesta, notre première réaction fut de regarder ses pieds. Un peu par curiosité mais surtout, par fascination.

Car cette femme est vraiment magnétique. Amputée de la jambe gauche à l’âge de vingt ans, la performeuse britannique décide de transformer son handicap en force : « Je suis l’architecte de mon corps. J’ai comme réinventé mon corps, j’essaye de lui trouver de nouvelles fonctions. On peut tout imaginer dans la vie. Et grâce aux nouvelles technologies disponibles aujourd’hui, ça m’a aidé. »

« C’est assez magique, poursuit-elle. Je dois dire que cela me fascine, j’en suis passionnée ». Dès sa naissance, Viktoria Modesta est handicapée par un acte médical raté. Après de nombreuses hospitalisations, elle décide de se faire amputer de sa jambe malade.
 

« Avec les prothèses, je réinvente mon corps »

Un acte radical qu’elle décide de surmonter. Grâce à la recherche, elle découvre de nouvelles prothèses et devient la première femme bionique.

Mannequin, chanteuse mais également auteure, elle prend son destin en main et court le monde. Son objectif est simple : faire évoluer les mentalités et montrer que la notion de beauté est relative.

« Travailler avec le Crazy est une chance, explique l’artiste. Il m’offre l’opportunité de poursuive mes expériences et ma démarche. Je peux montrer cette voie différente. J’essaye d’imaginer une autre vision de ce que pourrait être la femme. »

Depuis plusieurs jours, c’est donc sur la scène du Crazy Horse avec les autres danseuses que Viktoria Modesta apprend les codes de ce cabaret chic et parisien, devenu au fil des ans, une référence du nu.
 

« Elle est courageuse, cette petite »

Pour la guider dans cette nouvelle expérience, Svetlana Konstantinova, directrice de ballet du Crazy Horse, veille au bon déroulement des répétitions : « Elle est courageuse, cette petite parce que bien sûr, la prothèse est un objet qui n’est pas vivant. »

Elle poursuit : « Donc, elle ne peut pas tendre le pied, elle ne peut pas avoir les mêmes appuis corporels. Et en plus, elle danse vraiment, elle ne reste pas statique. C’est un réel effort. Pour elle, ce n’est pas évident. »

Trois tableaux seront donc intégrés au spectacle existant et présentés au public du 3 juin au 16 juin sur la scène du Crazy Horse. En attendant, les costumes sont encore en cours de réalisation. Le Crazy est fou, oui ! Mais il est surtout l’architecte d’une nouvelle forme de beauté.  

► "Bionic Show Girl" du 3 au 16 juin au Crazy Horse (Paris 8e).
 

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