Bras de fer entre la ville de Paris et l'Etat sur les campements de migrants au nord de la capitale

Des réfugiés installés sous un pont près de la Porte de la Villette à Paris, le 20 avril 2018. / © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Des réfugiés installés sous un pont près de la Porte de la Villette à Paris, le 20 avril 2018. / © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La maire de Paris, Anne Hidalgo, qui se rend sur place tous les vendredis, a écrit au Premier ministre pour l'alerter sur l'extrême urgence de la situation des campements de migrants. Elle veut que l'Etat prenne en charge les 2.382 migrants recensés Porte de la Villette.

Par Marc Taubert

Au Nord de paris, ils font presque partie du paysage. Cet hiver, des migrants se sont réinstallés quai de Jemmapes (Paris 10e). Aujourd'hui, ce campement abriterait 450 afghans selon les associations, dans des conditions d'hygiène et de vie déplorable.

"Il a des gens qui viennent de différentes villes, il y a des bagarres. Ils nous volent de l'argent. Ils nous attrapent et nous piquent le téléphone … On avertit la police. Ils nous disent : 'c'est bon, y a rien !' En fait ils s'en fichent", raconte Walid, un migrant afghan.

Campement le plus important de France


Même constat Porte d'Aubervilliers. Avec près de 1.500 migrants, ce campement serait le plus important de France. Mais la situation y deviendrait incontrôlable. A Paris, 80 migrants arriveraient chaque jour. Les capacités d'accueil sont insuffisantes. En visite vendredi 11 mai, Anne Hidalgo a une nouvelle fois dénoncée l'abandon de l'Etat : "La situation n'est pas du tout réglée par le dispositif mis en place par l'Etat. Soyons pragmatique. Il faut un lieu où les personnes qui arrivent, quel que soit leur statut, puissent avoir un toit sur la tête."

Mais pour l'Etat, c'est à la mairie de Paris de gérer la situation. Les associations appellent à une table ronde. "L'affrontement entre la ville et l'Etat n'est pas raisonnable, il est même indigne. Pensez aux municipales de 2020 ne relève d'aucun calcul raisonnable. Il y a là une situation à laquelle il faut mettre fin par la mise à l'abri", réclame Pierre Henry, directeur de France Terre d'Asile.

La dernière évacuation et placement en centre d'hébergement remonte à l'été dernier. Sans une opération dans les prochains jours, les associations redoutent une catastrophe.

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