La cantine de l’Hôtel de Ville ouvre ses portes aux plus démunis

Depuis début décembre, deux associations cuisinent jusqu'à 200 repas par soir pour ceux qui en ont besoin.

Hôtel de Ville de Paris - AFP
Hôtel de Ville de Paris - AFP

Savourer un repas chaud, au chaud, avec une pincée de chaleur humaine… dans le restaurant administratif de l’Hôtel de Ville. C’est l’offre proposée par deux associations : "La Chorba" et "Ernest", en collaboration avec la Mairie de Paris. Elle vise à distribuer, tous les soirs, de 18h à 20h, des repas pour les plus necéssiteux (personnes précaires, sans abri…), jusqu’au 31 mars 2021, date de fin de la trêve hivernale.

Cette initiative s’est lancée début décembre, à l’approche de l’hiver, dans une période de crises sociale et sanitaire liées à l’épidémie de Covid-19. Cette dernière a eu un impact particulier sur les personnes en situation de précarité et sur les besoins en aide alimentaire.

 

Comme au restaurant

Le jour, les agents de la Ville déjeunent dans le restaurant. Mais lorsque la nuit tombe, le restaurant ferme. C’est alors un autre public qui y prend place. Tout un symbole d’égalité. "Recevoir des personnes dans cet établissement, c’est leur permettre d’avoir un environnement de qualité, qui leur permet de dîner, pas simplement de manger, dans un cadre agréable, au chaud et surtout assis", confie Léa Filoche, adjointe à la mairie de Paris en charge des solidarités, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion, contactée par France 3 Paris Île-de-France. "En dînant, vous avez vu sur l’Hôtel de Ville, et le service se passe comme dans n’importe quel restaurant, en prenant en compte les contraintes sanitaires".

La Ville avait déjà opéré des distributions de paniers repas pendant le premier confinement (mars/avril/mai). Leur consommation pouvait se faire à l'extérieur du fait du temps assez doux qui régnait alors dans la capitale. Mais les données ont changé. L’hiver est là, avec ses températures, parfois glaciales. Un environnement chaud est donc de mise.

 

Un menu différent chaque jour

"La Chorba" et "Ernest" cuisinent séparément. La première est dans le XIIe arrondissement, la seconde dans les cuisines de la trattoria de la Rotonde Stalingrad, dans le XIXe. A chaque service, les produits frais et la recherche de la qualité sont au rendez-vous.

Les préparations distribuées aux bénéficiaires sont réalisées à l’aide d’achats et de dons provenant d’associations et de banques alimentaires. "Lorsqu’on achète des produits, on privilégie les petits producteurs. Les dons proviennent principalement du ‘collectif solidaire’ – une association de redistribution de dons –, de commerçants, de restaurateurs…", nous détaille Joséphine de l’association "Ernest". "Lorsqu’ils se rendent aux distributions, les usagers du restaurant de l’hôtel de ville ont un menu différent tous les jours. Les chefs, accompagnés de leurs commis, élaborent de nouveaux menus à partir des produits qui leur sont imposés, et ce ne sont jamais les mêmes", ajoute-t-elle. Il s’agit donc d’un vrai défi pour les cuisiniers qui découvrent au dernier moment les ingrédients avec lesquels ils vont créer leurs plats.

 

Des conditions à respecter

Il y a cependant des conditions à remplir pour pouvoir dîner dans ce restaurant. Les bénéficiaires "doivent avoir un ticket-repas obtenu auprès d’une association, une maraude ou du Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP)", comme on peut le lire sur le site de la Mairie de Paris. "L’idée n’est pas seulement de manger. C’est d’être dans un parcours d’accompagnement et d’insertion, même pour des gens à la rue depuis des années, avec un lien social et une structure qui les envoie vers ce type de dispositif", explique Léa Filoche, précisant que "le système de coupon nous permet de vérifier que les bénéficiaires qui viennent manger sont dans une démarche d’accompagnement social".

Les contraintes financières et sanitaires ne permettent toutefois pas au restaurant d’accueillir un nombre illimité de personnes. Celui-ci arrive toutefois à délivrer presque 200 repas par soir. Cette opération de distribution alimentaire est "une première étape", estime l'adjointe, qui espère voir se multiplier d’autres initiatives du même type.

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