En concert au Zénith, Bertrand Cantat dénonce les “censures” pendant sa tournée

Bertrand Cantat en concert au Zénith de Paris, le 7 juin 2018. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Bertrand Cantat en concert au Zénith de Paris, le 7 juin 2018. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

L'ex-leader de Noir Désir, condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne Marie Trintignant, s'est produit jeudi au Zénith de Paris. C'est l'unique date parisienne de sa tournée, raccourcie en raison des polémiques qui l'ont accompagnée. 

Par ML avec AFP

Les « censures », les « intimidations », les « journalistes », « Bolloré » : jeudi soir, pour l’unique date parisienne de sa tournée, Bertrand Cantat a vidé son sac. Le concert, qui se tenait dans un Zénith à moitié rempli (3.000 spectateurs environ), a été précédé d’une manifestation de militants féministes protestant contre la montée sur scène de l’ex-leader de Noir Désir, condamné pour avoir tué sa compagne Marie Trintignant en 2003.


Dès le second titre, le chanteur s’en est pris à la presse. "Merci à vous d'être là malgré tout", a-t-il déclaré à son public, avant de viser "ceux qui ne sont pas là pour des bonnes raisons". "Vous avez quelque chose contre moi, a-t-il ajouté à l’intention des journalistes. Si certains sont en train de jubiler, il n'y a aucune limite à quel point je vous emmerde..."

Une quinzaine de manifestants


Autre cible de Bertrand Cantat, la famille "Bolloré", propriétaire de Vivendi et donc à la fois de Barclay, sa maison de disques, et de l'Olympia. La salle parisienne a annulé deux concerts initialement prévus en mai. Elle indiquait alors craindre des "risques sérieux de troubles à l'ordre public".


Ce concert parisien constituait l’un des temps forts de la tournée entamée en mars et émaillée de manifestations et d’annulations (notamment pour les festivals de l’été). Comme pour les dates précédentes, des organisations de défense des droits des femmes avaient appelé à un rassemblement. Il n’aura réuni qu’une quinzaine de personnes, brandissant des banderoles comme "Pas d'honneur pour les tueurs" ou "Marie Trintignant ne sera plus jamais applaudie".

Une tournée amputée


Soutenu par cinq musiciens, Bertrand Cantat a donc pu produire deux heures de show face à un public conquis. "Je n'ai aucune raison juridique d'empêcher Bertrand Cantat de chanter", rappelait Daniel Colling. En tant que responsable du Printemps de Bourges, le patron du Zénith avait programmé le rappeur Orelsan en 2009 quand d'autres festivals y avaient renoncé suite à des textes jugés misogynes.


Libéré en 2007 après avoir purgé plus de la moitié de sa peine de huit ans, le chanteur bordelais a progressivement repris son activité artistique à partir de 2010. Malgré le succès de la tournée avec Détroit il y a quatre ans, la sortie de son album solo, fin 2017, s'est faite sur fond de polémique, à la suite d'une couverture des Inrocks parue en pleine tempête Weinstein.

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