Covid-19 : Des commerçants parisiens entament une action en justice contre Axa

Une cinquantaine de restaurateurs parisiens intentent une procédure judiciaire contre leur assureur Axa. Ils veulent forcer leur assureur à indemniser leur perte d'exploitation comme cela est écrit dans leur contrat.

Jean-Philippe Nikoghossian, directeur du café La Perle situé dans le IIIe arrondissement de Paris.
Jean-Philippe Nikoghossian, directeur du café La Perle situé dans le IIIe arrondissement de Paris. © France 3 Paris Ile-de-France

Le cas de Frédéric Ellena est particulièrement paradoxal. Son restaurant La Terrasse de l'Arche, est niché au sein du siège d'Axa à Nanterre, qui est également son assureur. C'est peu dire qu'il avait confiance. Mais la guerre est déclarée depuis qu'Axa refuse de payer sa perte d'exploitation qu'il estime à 150 000 euros rien que pour le seul premier confinement.

"J'avais un contrat qui stipulait bien que la pandémie prenait en compte la perte d'exploitation, ce que conteste Axa, explique-t-il. Ils font des renvois sur renvois pour ne pas nous indemniser. Mon contrat court encore mais j'ai déjà reçu une proposition d'avenant avec la clause, qui soi-disant n'était pas importante, où ils demandent à la supprimer."

La notion de pandémie au cœur du contentieux

En cause, la notion de pandémie. "Mon assurance Axa prévoyait une perte d'exploitation, il y avait marqué pandémie. Je dois être remboursé parce que j'ai cette clause-là. Mais pour eux, 'pandémie', c'est une intoxication alimentaire. C'est inadmissible", se désespère Jean-Philippe Nikoghossian, directeur du café La Perle situé dans le IIIe arrondissement de Paris.

Ce dernier qui affirme être assuré depuis 18 ans, s'est vu proposer ce même avenant pour reconduire son contrat. De la même façon, le paragraphe "protection financière" a disparu. Il a refusé de signer et se retrouve, depuis le 1er janvier, sans assurance.

Du côté de l'assureur, un porte-parole d'Axa explique que "La garantie prend en charge une épidémie circonscrite à un seul établissement : intoxication alimentaire, légionellose… qui sont les risques les plus courants. Ce contrat n'a donc pas vocation à couvrir la pandémie actuelle", selon une déclaration faite au Parisien.

Pour Frédéric Allena, la raison de cette contestation est tout autre : "J'ai des confrères qui ont eu gain de cause avec une négociation en amont avec eux, mais je pense qu'ils ont eu peur donc ils essaient maintenant d'aller au tribunal et de repousser."

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société justice