Démission de l'archevêque de Paris, accusé d'avoir entretenu une relation avec une femme

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Écrit par Marc Taubert avec AFP
Michel Aupetit avait pris ses fonctions d'archevêque de Paris en 2017.
Michel Aupetit avait pris ses fonctions d'archevêque de Paris en 2017. © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Le Pape a accepté la démission de Michel Aupetit, archevêque de Paris. Sa demande fait suite à la publication d'un article affirmant qu'il avait eu une relation consentie avec une femme en 2012, avant sa prise de fonction à la tête de l'évêché de Paris.

"Le Saint-Père a accepté la démission (...) présentée par Mgr Michel Aupetit", a indiqué le Vatican ce jeudi. Une information communiquée au même moment par la nonciature apostolique (ambassade du Vatican en France) à Paris.

L'archevêque a affirmé avoir "le cœur en paix" après les "événements douloureux de la semaine passée", a-t-il dit dans une déclaration envoyée à la presse.

La semaine dernière, un article de l'hebdomadaire français Le Point affirmait que Michel Aupetit avait eu en 2012, alors qu'il n'était pas encore archevêque, une relation intime et consentie avec une femme. Un courriel envoyé par erreur par le prélat laissait peu de doute, selon l'hebdomadaire, sur la relation entretenue.

 "Comportement ambigu"

L'homme d'Église a démenti catégoriquement avoir entretenu une telle relation. En revanche, "il a eu un comportement ambigu avec une personne très présente vis-à-vis de lui", avait admis vendredi le diocèse de Paris, assurant qu'il ne s'agissait "pas d'une relation amoureuse", ni d'une "relation sexuelle".

Dans sa déclaration, l'archevêque explique avoir voulu "remettre sa charge" d'évêque dans les mains du pape afin de "préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance".

"J'ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j'ai été l'objet", dit-il également, alors qu'on lui prête une gestion autoritaire du diocèse.

Dans l'immédiat, c'est Georges Pontier, évêque émérite, qui a été nommé par Rome pour administrer l'archidiocèse de Paris, a indiqué le Vatican.

"Ne peut pas avoir une double vie"

"Cette décision a été prise parce que le pape François estime qu'un évêque ou un cardinal ne peut pas avoir une double vie", a affirmé le vaticaniste Marco Politi, auteur de "François, la peste et la renaissance".

"Même si, jusqu'ici, il n'y a pas eu de nouveaux détails sur les rapports que l'archevêque de Paris entretenait avec cette femme, le pape estime qu'en tout état de cause l'archevêque de Paris, de par le rôle qu'il exerce en France et dans la capitale française, doit être au-dessus de tout soupçon", a-t-il ajouté.

"On s'y attendait un peu... mais pas si vite", a déclaré Bruno Lefevre Pontalis, curé de l'église Saint-François-Xavier à Paris. "Nous les prêtres, on est assez attristés. On accuse le coup. Le départ d'un évêque, dans des conditions difficiles, ça génère du trouble".

Selon lui, la décision du pape s'explique par le fait qu'il "a pensé que ce serait trop difficile pour Mgr Aupetit de reprendre paisiblement et sereinement le gouvernement de son diocèse".

Médecin pendant 11 ans

Entré tard dans la prêtrise - il a été ordonné à l'âge de 44 ans après avoir exercé la médecine pendant 11 ans - Mgr Aupetit était à la tête de l'archevêché de Paris depuis décembre 2017.

Avant cela, il avait exercé différents ministères de vicaire et curé, d'aumônier auprès de la jeunesse, avait été évêque auxiliaire de Paris en 2013, puis hérité d'un diocèse de plein droit, celui de Nanterre pendant un peu plus de trois ans.  

L'archevêque, qui a eu à gérer l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, est connu pour ses positions strictes sur la famille et la bioéthique; il a notamment soutenu régulièrement les "marches pour la vie" hostiles à l'interruption volontaire de grossesse.

Il a aussi eu maille à partir avec les homosexuels en 2012 lors des débats sur le "mariage pour tous". Certains, ces derniers mois, lui reprochaient son relatif silence sur la question de la pédocriminalité, après l'onde de choc créée par la publication début octobre du rapport de la commission présidée par Jean-Marc Sauvé qui a montré l'ampleur du phénomène dans l'Église catholique de France depuis les années 1950.

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