Gilets jaunes à Paris : deux policiers renvoyés en correctionnelle pour des violences lors des manifestations

Les gilets jaunes dénoncent depuis le début du mouvement les violences policières lors des manifestations, notamment à Paris (illustration). / © ALAIN JOCARD / AFP
Les gilets jaunes dénoncent depuis le début du mouvement les violences policières lors des manifestations, notamment à Paris (illustration). / © ALAIN JOCARD / AFP

Le procureur de Paris annonce ce jeudi que deux policiers ont été renvoyés en correctionnelle pour des violences présumées lors de manifestations de gilets jaunes. 18 affaires ont par ailleurs été confiées à des juges d'instruction.

Par PDB / France 3 PIDF / AFP.

Sur les 212 enquêtes liés aux gilets jaunes confiées par le parquet à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), 146 ont été bouclées à ce stade. Rémi Heitz, le procureur de Paris, indique ce jeudi qu’après analyse, le parquet a décidé de renvoyer deux affaires devant le tribunal correctionnel.
Toutes deux concernent des faits survenus lors de la manifestation du 1er mai, cette année. L'un des deux policiers est accusé d'avoir giflé au visage un gilet jaune, au cours d’une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Il comparaîtra pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours.

18 procédures confiées à des juges d'instruction

Pour ce qui est de la seconde affaire, le policier est accusé cette fois-ci d'avoir jeté un pavé sur des manifestants. Une scène là aussi filmée et relayée en ligne. Le fonctionnaire devra répondre de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique n'ayant pas entraîné d'incapacité. A noter que pour des faits similaires, un père de famille de 34 ans, qui avait jeté un pavé sur les forces de l'ordre – sans faire de blessé – en manifestant dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, avait écopé de huit mois de prison ferme, en janvier à Strasbourg.
18 procédures impliquant des policiers ont par ailleurs été confiées à des juges d'instruction, toujours d'après le procureur de Paris. 54 autres ont été classées, faute de preuves suffisantes entre autres. Reste enfin 72 affaires encore en cours d'analyse.

24 gilets jaunes éborgnées depuis le début du mouvement

Les gilets jaunes dénoncent depuis le début du mouvement les violences policières lors des manifestations avec, parmi les dossiers les plus médiatiques, le cas de Jérôme Rodrigues, gravement blessé à l'œil le 26 janvier. D’après le ministère de l'Intérieur, 313 enquêtes judiciaires ont été ouvertes au total en France par l'IGPN pour des violences policières présumées. L'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a, quant à elle, été saisie de 23 enquêtes. Si l’on en croit les chiffres arrêtés mi-mai par l'Intérieur, 2 448 blessés ont été recensés côté manifestants et 1 797 côté forces de l'ordre.
D’après le décompte du journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement. Parmi elles, cinq ont perdu une main, un a été amputé d'un testicule, et un autre a perdu l'odorat.
 

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