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Gilets jaunes : des policiers bientôt face à la justice pour violences, d’après le procureur de Paris

Un policier pointe son LBD en direction d’un gilet jaune, lors de la manifestation du 20 avril des gilets jaunes à Paris (illustration). / © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
Un policier pointe son LBD en direction d’un gilet jaune, lors de la manifestation du 20 avril des gilets jaunes à Paris (illustration). / © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

« Des policiers seront renvoyés en correctionnelle » a annoncé jeudi Rémy Heitz, après six mois de manifestations. Un message destiné à calmer les critiques qui visent son parquet, après de nombreux cas de violences policières face aux gilets jaunes.

Par PDB/AFP

Après d’innombrables témoignages de violences policières et polémiques au fil des manifestations de gilets jaunes dans la capitale, Rémy Heitz annonce que des agents seront bel et bien renvoyés devant la justice.

Gestion des gardes à vue, tendance à peu poursuivre les membres des forces de l'ordre… Le procureur de Paris, interviewé jeudi par Le Parisien, a en effet décidé de réagir aux critiques qui visent son parquet : « Je veux être très clair : il n'y a aucune volonté de ma part d'éluder ces violences ou de les minimiser ». « Il y aura des classements sans suite », prévient-t-il en précisant ainsi qu’il y aura « aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d'ici la fin de l'année »

Aucun policier ou gendarme mis en examen à ce jour pour des violences liées au LBD

D’après Rémy Heitz, 71 enquêtes ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices ») et trois à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) depuis le début du mouvement, le 17 novembre dernier.

L’investigation étant terminée pour 57 d’entre elles, c’est désormais au parquet de trancher quant à d'éventuelles suites judiciaires. Le successeur de François Molins indique d’ailleurs que huit enquêtes ont déjà « justifié l'ouverture d'une information judiciaire ». Et si « plusieurs dossiers ont trait à l'usage de lanceurs de balle de défense », le procureur précise ceci dit que, pour l’instant, « aucun policier ou gendarme n'a été mis en examen » dans ces affaires.

« La justice prend une tournure politique »

L’interview ne semble pas être forcément très bien passée du côté de certains syndicats. D’après Alliance, le message envoyé par Heitz revient à jeter « en pâture sur la place publique » les policiers « après des mois de manifestations très violentes pour lesquelles on a eu besoin des policiers et de leur professionnalisme ». « J'ai l'impression que la justice prend une tournure politique », a par ailleurs réagi Grégory Joron, secrétaire national CRS pour le syndicat Unité SGP Police-FO.

Depuis les premières manifestations de gilets jaunes, près de 2 500 personnes ont été blessées pour ce qui est des manifestants et près de 1 800 du côté des forces de l’ordre, si l’on en croit les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur à la mi-mai.

 

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