Des dizaines de milliers d'offres non-pourvues en Île-de-France selon Pôle emploi

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Écrit par Marc Taubert avec E. Hunzinger

Alors que le chômage varie de 6% (à Paris) jusqu'à 10,5% (en Seine-Saint-Denis), Pôle emploi affirme que le nombre d'offres est en hausse et que certains secteurs ont du mal à recruter des personnes qualifiées.

Selon Pôle emploi Île-de-France, ce sont 90 000 offres qui ont été ou vont être déposées en 2022 dans la région. "Quand on questionne les employeurs pour 2022, ils ont exprimé des besoins de recrutement et des difficultés à recruter", explique Nadine Crinier, directrice de Pôle emploi Île-de-France.

Elle distingue ainsi deux facteurs : "le premier est qu'ils pensent qu'il y a peu de personnes par rapport aux emplois qu'ils vont proposer. Il y a un sujet de qualification mais aussi de territoire. Il peut y avoir des personnes qualifiées mais qui n'habitent pas à proximité de l'entreprise. Et il n'y a pas toujours une adéquation avec la qualification et la géographie de ces propositions", poursuit-elle.

Santé, BTP ou restauration

La demande varie fortement selon les secteurs. Parmi les 20 métiers les plus recherchés par les employeurs figurent, à l'encontre de tous les clichés, les professionnels du spectacle (en musique et danse notamment). Les ingénieurs informatiques, cuisiniers et personnels de restauration sont aussi très demandés.

"En Île-de-France, 8 employeurs sur 10 sont des petites entreprises de moins de 10 salariés. Ils voient le manque d'attractivité de leur métier. C'est une réalité qui n'est pas nouvelle, notamment dans le bâtiment. C'est le secteur qui dit avoir le plus de difficultés", indique Mme Crinier.

Deux secteurs sont particulièrement en recherche de candidats : l'hôtellerie-restauration et celui du bâtiment et des travaux publics. "Il y a une reprise du tourisme en Île-de-France, il y a des besoins importants. On sait que la crise a amené aussi des personnes qui travaillaient dans ce secteur à se positionner parfois dans d'autres métiers", analyse Nadine Crinier.

Pour le second secteur, les besoins sont particulièrement importants en raison des chantiers lancés avec le Grand Paris et les Jeux-Olympiques avec des métiers comme couvreurs ou conducteurs d'engins.

Disparités territoriales

Mais les offres d'emplois ne sont pas réparties équitablement. Paris et les Hauts-de-Seine concentrent près de la moitié de l'ensemble des propositions alors que la Seine-Saint-Denis, département francilien le plus touché par le chômage (10,5% au dernier trimestre 2021), n'aura qu'une part minime des projets de recrutement (10,8 %).

"En Seine-Saint-Denis, avec le Grand Paris, des besoins très importants existent dans le bâtiment. Il y a aussi un pôle informatique qui se développe avec des data center qui sont en pleine phase d'expansion. C'est le département où l'on a eu la plus forte baisse du chômage", relativise Nadine Crinier.

A l'inverse, le Val d'Oise est le territoire où les employeurs ont le plus de mal à recruter en raison notamment de zones rurales moins bien desservies. "On a aussi un niveau de formation et de qualification des demandeurs d'emplois qui peut être décalé par rapport aux offres avec aussi une problématique des budgets de mobilité", détaille Nadine Crinier.

Selon elle, une tendance est à noter : la forte proportion des contrats durables proposés (les contrats de six mois et plus ainsi que les CDI) dans la région. Cumulés, ils représentent 65% des offres.