Régionales 2021 en Île-de-France : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats au second tour

Les quatre candidats qualifiés pour le second tour des élections régionales débattaient ce jeudi sur France 3 Paris Île-de-France. Retrouvez les temps forts du débat ainsi que l'émission en intégralité.

Les candidats présents au second tour sont réunis pour débattre sur France 3 Paris Ile-de-France.
Les candidats présents au second tour sont réunis pour débattre sur France 3 Paris Ile-de-France. © France Télévisions

Dernière ligne droite pour les candidats avant le second tour des élections régionales 2021 qui a lieu ce dimanche 27 juin. Pour mieux cerner les enjeux de ce scrutin et les différences entre les candidats, France 3 Paris Île-de-France organisait un débat ce jeudi.

Y participaient : Julien Bayou (EELV-Génération.s-PS-LFI-PCF), Jordan Bardella (RN), Laurent Saint-Martin (LREM) et Florence Portelli (Libres!-Les Républicains-UDI). Cette dernière remplaçait Valérie Pécresse.

► REPLAY. Retrouvez l'intégralité du débat présenté par Marlène Blin et William Van Qui :

Premier thème abordé lors de ce débat : l'abstention record lors de ce scrutin (69% en Île-de-France). Pour mobiliser l'électorat, Laurent Saint-Martin (LREM) a voulu mettre l'accent sur la pédagogie et expliquer qu'il s'agissait d'un scrutin proportionnel où chaque liste est représentée au Conseil départemental.

Les autres candidats ont davantage parlé de la spécificité de leurs programmes respectifs : la sécurité pour Jordan Bardella (RN), l'urgence climatique pour Julien Bayou (EELV-Génération.s-PS-LFI-PCF), et la jeunesse pour Florence Portelli (Libres!-Les Républicains-UDI).

Les transports, principale compétence de la région

Un autre thème qui a suscité le débat entre les candidats a été les transports (compétence de la région via Île-de-France Mobilités). Pour M. Bayou : l'une des mesures phares est de rendre gratuit les transports pour les étudiants et précaires de moins de 25 ans. Une mesure qu'il chiffre à 117 millions d'euros sur 10 milliards de budget d'IDF Mobilités. "L'enjeu pour la région, ce sont des transports fiables, sécurisés et ponctuels", a-t-il estimé citant aussi l'accessibilité pour les personnes handicapées. Ce dernier s'est également prononcé contre la réalisation de la ligne 17 pour mener la rénovation d'autres lignes.

Florence Portelli chiffre à 300 millions d'euros la mesure de gratuité proposée par Julien Bayou. Elle a défendu le bilan de Valérie Pécresse sur l'accessibilité des gares (60% du réseau selon elle) et les 650 rames rénovées en Île-de-France. Etant élue du département du Val-d'Oise, elle a défendu fermement la création de la ligne 17 du Grand Paris Express qui permettrait de lutter contre le chômage.

Jordan Bardella veut mettre, lui, l'accent sur la sécurité dans les transports arguant que "les femmes sont contraintes de changer de quai, de changer leur façon de s'habiller" pour prendre les transports en commun. Il souhaite installer deux agents par gare de RER et promet l'embauche de 1 000 agents supplémentaires chiffrant la mesure à 80 millions d'euros. Mme Portelli lui a rétorqué que c'était une mesure infaisable car cela nécessiterait en réalité 15 000 agents supplémentaires. Jordan Bardella a aussi fustigé les "115 000 clandestins" qui bénéficieraient "d'une quasi gratuité dans les transports".

Laurent Saint-Martin, candidat LREM, défend lui aussi la création de la ligne 17 et de la gare du Triangle de Gonesse. Il veut par ailleurs créer une police régionale des transports. "100% des femmes qui ont témoigné ont été au moins une fois victimes d'une agression dans les transports", a-t-il déclaré. Il veut embaucher 500 agents sur le mandat et favoriser la coordination entre les services de l'État, la SNCF et la RATP.

Les lycées, compétence régionale concernant les infrastructures

L'Île-de- France compte 522 000 lycéens. Jordan Bardella relève qu'il va manquer 9 000 places d'ici à 2030. Le problème principal relevé par le candidat est la sécurité assurant que 80% des phénomènes de rixes avaient lieu en Île-de-France. Il veut ainsi multiplier les patrouilles de police aux abords des établissements et tripler les brigades régionales mobiles.

Pour Julien Bayou (Union de la gauche), "l'état de nos lycées est désastreux". Il veut privilégier le recours aux petites et moyennes entreprises dans la rénovation de ces établissements et souhaite plus de "présence humaine" dans les lycées pour ne pas "laisser le corps enseignant démuni".

Laurent Saint-Martin, veut axer son programme sur la prévention. "Il faut remettre le budget de la prévention au sein des lycées" ne voulant "pas que de la réponse répressive. Les rixes et la démultiplication des risques sont la conséquence de la baisse de la prévention", a-t-il déclaré. Sur la vétusté, il a attaqué le bilan de Mme Pécresse affirmant que seulement 23% de ses engagements avaient été tenus. Il a proposé "un objectif de zéro vétusté à l'horizon 2030".

À cela, Mme Portelli a répondu : "On ne s'étaient pas engagés sur un chiffre aussi important sur les lycées", arguant avoir "trouvé 20 000 lycéens dans des préfabriqués" lors de leur arrivée à la tête du Conseil régional en 2015. Elle a défendu la création de 5 lycées et la rénovation de 100 autres avec comme objectif tous les établissements rénovés à la fin de 2027. Elle a par ailleurs proposée une Agence du travail d'intérêt général "pour une punition utile".

L'abstention rebat les cartes en Île-de-France

Au premier tour de ces élections, Valérie Pécresse est arrivée en tête avec 36,18% des voix. Donnée largement favorite dans tous les cas (triangulaire ou quadrangulaire) par les sondages, l'issue paraît finalement plus incertaine. En cause, l'abstention très forte qui n'avait pas été perçue par les instituts. En Île-de-France, elle a été de 69% au premier tour.

Ce chiffre bouscule les intentions de vote et permet à certains candidats d'espérer une mobilisation de leur électorat pour le second tour. C'est le cas par exemple pour l'écologiste Julien Bayou derrière lequel Audrey Pulvar (PS) et Clémentine Autain (LFI-PCF) se sont réunies. En additionnant leurs voix, ces trois listes récolteraient près de 35% des suffrages. Mais la politique n'est pas qu'affaire d'additions et nul ne sait dans quelle mesure les électeurs de gauche soutiendront cette fusion.

Depuis, Valérie Pécresse, qui a bien senti le danger de cette union de la gauche, fustige cette alliance : "Donc c’est un vrai duel, entre Julien Bayou et moi. C’est un choix de société entre moi et une alliance entre les socialistes, les verts et Génération.s, qui ont un problème avec la République et les Insoumis de M. Mélenchon", a-t-elle dit mardi sur France Inter.

LREM maintient sa liste

L'équation est d'autant plus complexe qu'elle fera aussi face à une liste LREM présentée par Laurent Saint-Martin, député du Val-de-Marne. Ce dernier a recueilli 11,79% des suffrages et maintient sa liste pour le second tour. Or, son électorat est proche de celui de Mme Pécresse et constituait une confortable réserve de voix. Au second tour, comment vont réagir ses électeurs ?

Toujours selon notre sondage Ipsos Sopra/Steria paru début juin, ils resteraient fidèles à leur premier choix et Laurent Saint-Martin bénéficierait même d'une légère dynamique en gagnant 3 points.

Enfin, le Rassemblement national, qui pouvait espérer faire une percée en Île-de-France, voit son score être plus faible (13,14%) que ne l'avaient prédit les sondages (18%). Un électorat qui va sans doute rester fidèle à M. Bardella. Ce dernier espère néanmoins pouvoir remobiliser une partie de son électorat qui s'est abstenu pour engranger un maximum d'élus et construire une force d'opposition au Conseil régional.

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