Évacuation d'un campement porte de la Villette : des migrants dénoncent de prétendues “mises à l'abri”

Des migrants préparent leurs affaires en vue de leur évacuation de la porte de la Villette. Photo prise le 31 janvier 2020. / © Thomas SAMSON / AFP
Des migrants préparent leurs affaires en vue de leur évacuation de la porte de la Villette. Photo prise le 31 janvier 2020. / © Thomas SAMSON / AFP

Une quarantaine de personne évacuées du campement de migrants porte de la Villette ce mardi matin refusent de descendre du car où ils ont été placés. Déjà plusieurs fois évacuées, ils affirment qu'aucune solution de logement ne leur est proposée.

Par MT avec AFP

Il est environ 7 heures du matin quand le bus s'arrête devant un Comité d'Action et d'Entraide Sociales (CAES) à Ris Orangis dans l'Essonne. Mais cette fois-ci, ces personnes évacuées du campement de la Villette ne veulent pas descendre du car. "On veut retourner à Paris", explique l'un d'eux dans une vidéo transmise à France 3 Paris Île-de-France. "On est 40, tout le monde dit non", poursuit-il. Après avoir laissé le bus sans chauffeur, la police le "fait tourner en rond", raconte Florent Boyer, un responsable de l'association Utopia 56. Finalement, après des heures, ils sont invités à débarquer devant une station RER et laissés à leur libre sort.

Ces personnes font partie des 400 évacuées ce mardi matin du dernier campement de migrants à Paris situé porte de la Villette (XIXe arrondissement), dans le nord-est de la capitale. Au total, "427 personnes dont 4 femmes ont été mises à l'abri ce matin lors de l'opération menée à la Porte de la Villette", a indiqué la préfecture de la région Île-de-France (Prif) à l'AFP.
 

Déjà évacué d'un autre campement

Comme d'autres, l'homme qui témoigne explique avoir déjà fait l'objet d'une mesure d'évacuation. "Après deux jours, on est à nouveau dans la rue", explique-t-il ainsi.

Il y a une semaine, il a été évacué par les forces de l'ordre du camp voisin de la Porte d'Aubervilliers, d'où plus de 1.400 migrants avaient été délogés d'un bidonville en bordure du périphérique. Selon la préfecture de région, ces personnes sont "mises à l'abri", mais manifestement que très temporairement. Ces mises à l'abri "c'est de la foutaise", affirme Florent Boyer.

"Il n'y a plus de campements, c'était l'idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations comme elle le fait pour la Porte d'Aubervilliers et la Porte de la Chapelle", souligne la Prif de son côté.

Un avis non-partagé par Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge des réfugiés : "J'aimerais que ce soit la fin des camps, mais ça va se reconstituer", pronostique-t-elle. Elle a vu ce mardi la 61e importante "opération de mise à l'abri" depuis 2015.

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