Grand Paris - Les départements d'Ile-de-France et Paris dénoncent le “racket” de l'État

Un tunnelier du Grand Paris Express en janvier 2018 à Champigny-sur-Marne. / © Thomas SAMSON / AFP
Un tunnelier du Grand Paris Express en janvier 2018 à Champigny-sur-Marne. / © Thomas SAMSON / AFP

Les sept départements d'Ile-de-France et la Ville de Paris dénoncent un "racket organisé par l'État", après le vote par les députés d'une ponction sur leurs recettes de 75 millions d'euros, et ont décidé de ne plus siéger au conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP).

Par MT/AFP

Les départements et la Ville "ne peuvent plus compenser un énième désengagement de l'État de ses prérogatives", écrivent-ils dans un communiqué. En l'absence de l'abandon de cette mesure, ils ont décidé "de ne plus siéger au conseil de surveillance de la SGP".

L'Assemblée nationale a voté jeudi un amendement du gouvernement visant à prélever une fraction des recettes perçues par les départements franciliens au titre des "droits de mutation à titre onéreux" (DMTO), afin de financer le Grand Paris Express, le projet de métro automatique autour de Paris.
 

"Retrait financier, dans les mêmes proportions"

Les départements et la Ville de Paris envisagent également "leur retrait financier, dans les mêmes proportions que les ponctions réalisées, sur les actions et projets qu'ils cofinancent avec l'État ou financent déjà à sa place", écrivent-ils.

Ils invitent le gouvernement "à se ressaisir et à engager une véritable concertation permettant d'aboutir à des solutions au bénéfice de la mobilité des Franciliennes et des Franciliens".

L'amendement de "dernière minute" au projet de loi de finances a provoqué jeudi la colère de députés, notamment d'Île-de-France. Le montant du prélèvement doit être de 75 millions d'euros en 2020 et 60 millions par an à partir de 2021.
 

Le Grand Paris Express, au moins 35 milliards d'euros

75 millions d'euros, c'est "une petite partie" de DMTO en augmentation de "plus d'un milliard d'euros" en Île-de-France en 2018, a fait valoir le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

La facture du Grand Paris Express, un métro de 200 kilomètres qui doit être construit d'ici 2030, a explosé ces dernières années, pour atteindre les 35 milliards d'euros.

"Outre la méthode indigne et insupportable, qui s'apparente à du vol, cette ponction interroge sur la capacité de l'État à tenir ses engagements sur les projets de transports pourtant indispensables", écrivent les départements et la Ville de Paris.
 

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