Des maires franciliens de gauche veulent revoir leur collaboration avec l’État

Les élus communaux réclament plus d’autonomie et une véritable collaboration avec les services étatiques pour anticiper la crise sociale et économique qui se prépare selon eux.
Les élus font le bilan de l'épidémie de coronavirus et de l'action des communes pendant la crise
Les élus font le bilan de l'épidémie de coronavirus et de l'action des communes pendant la crise © PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP
Une trentaine de maires de gauche franciliens tire les enseignements de la crise du coronavirus. Dans un rapport commun publié ce lundi, les édiles appellent à une action avec l’État pour anticiper et gérer "la grave crise économique et sociale qui s’annonce". Dans leur livre blanc, les élus communaux font alors quinze propositions pour l’avenir. Ils réclament plus d'autonomie, tout en espérant le soutien financier de l’État.

"Ce qu’on propose c’est de prendre en compte tout ce qui nous est arrivé pendant le Covid pour que cela n’arrive plus, d’en tirer une expérience pour aller plus loin, notamment dans notre collaboration avec les services de l’État", résume le maire DVG de Marcoussis, Olivier Thomas, invité dimanche du 19/20 de France 3 Paris Ile-de-France. La trentaine d’élus locaux rappelle alors l’action des communes pendant la crise du coronavirus.  

Plus de souplesse de l’État

Le rapport explique : "Nos villes sont demeurées en première ligne pour protéger les Françaises et les Français et répondre à leurs nombreuses inquiétudes". Pour les maires de gauche, les deux leçons de la crise sanitaire sont claires : "Les politiques publiques menées aux échelons de proximité – au premier chef desquels la commune – ont permis d’agir avec réactivité et efficacité pour répondre à la crise ; d’un autre côté, l’État central est demeuré trop rigide et son administration trop ankylosée pour s’adapter à chaque spécificité territoriale dans cette situation exceptionnelle".

Les élus demandent alors plus d’indépendance : "On aimerait partir sur une nouvelle étape de la décentralisation pour en faire en sorte que les communes soient plus autonomes", détaille Olivier Thomas, prenant en exemple le cas de la fermeture des marchés pendant l’épidémie : "On sait si on doit ouvrir ou pas nos marchés pendant une crise de ce type-là. Et non, il faut demander une dérogation à l’État. Pourquoi ne pas laisser aux maires la capacité de prendre la décision ?", s’interroge l’édile.

"On a toujours l’impression d’être sous tutelle et ultra contrôlés, alors qu’on devrait être dans l’autonomie et la libre administration des collectivités"

Olivier Thomas, maire DVG de Marcoussis


Le collectif propose donc de revoir la collaboration entre les communes et les services étatiques. "Alors que les maires sont, notamment en temps de crise, les élus auxquels les Français accordent le plus leur confiance, il est temps pour l'État d'accorder enfin la sienne aux maires", plaident les élus qui insistent pour l’instauration d’une "action commune" entre l’État et ses mairies.

Une quinzaine de propositions pour préparer l'avenir

"À la subordination doit désormais succéder la coordination. À la dépendance doit désormais succéder l'autonomie. À la défiance doit désormais succéder la confiance", lancent les édiles. "On a toujours l’impression d’être sous tutelle et ultra contrôlés, alors qu’on devrait être dans l’autonomie et la libre administration des collectivités", appuie Olivier Thomas.

Le rapport soumet alors une quinzaine de propositions pour anticiper l’avenir. Les maires s’engagent notamment à ce que 10% des agents municipaux puissent télétravailler un jour par semaine. "Plus on a de télétravail, mieux c’est, estime Olivier Thomas. Il faut nous aider à aller dans ce sens".  
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Olivier Thomas, maire DVG de Marcoussis
Parmi les autres propositions, le rapport insiste sur l’aide que doit apporter l’État dans la distribution de repas aux personnes âgées dépendantes, l’accompagnent des commerçants et la mise en place d’offres numériques accessibles au plus grand nombre.
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